FONDAS KREYOL est un site-web (journal en ligne) qui ne vit pas de la publicité capitaliste comme la totalité de ses confrères antillais ni de subventions publiques, mais uniquement de l'aide émanant de ses rédacteurs (trices) et surtout amis (es). Celles et ceux qui souhaiteraient nous aider peuvent prendre contact avec nous à l'adresse-mail ci-après : montraykreyol@gmail.com
La seule "ligne" qui est la nôtre est celle de la libre expression de nos collaborateurs et collaboratrices, sachant que nous publions toutes les opinions (de la droite assimilationniste à l'extrême-gauche "indépendantiste") et cela depuis le prédécesseur de FONDAS KREYOL à savoir MONTRAY KREYOL lequel a duré 15 ans et redémarrera un jour ou l'autre. FONDAS KREYOL, lui, a 4 ans d'existence.
Tout cela pour dire à nos lecteurs et lectrices que les articles publiés sur notre site n'engagent que leurs rédacteurs et rédactrices, pas le site-web en tant que tel...
Il peut paraitre paradoxal de vouloir se préoccuper d’un groupe humain de 3000 personnes situé dans une ile de 750 kilomètres carrés alors que la planète brûle sous les coups de boutoir des spadassins de l’Occident que sont TRUMP et NTANYAHOU.
Je pense néanmoins ce combat fondamental pour la défense des droits humains et en particulier pour les caraïbéens dont nous sommes une composante.
Le peuple KALINAGO habitait toutes les petites Antilles lors de l’arrivée des Européens. Au nord, dans les grandes iles, on trouvait les TAÏNOS. L’œuvre “civilisatrice” des pays européens dont principalement l’Espagne, le Portugal, la Hollande, l’Angleterre et la France a éradiqué ces peuples, quasiment rayé de la surface de la terres et de leurs territoires. Il n’y a plus eu de TAINOS. Pour les KALINAGOS, massacrés et chassés de leur sol (dont la Martinique), il en est resté à GRENADE (puis après une révolte déportés à BELIZE) et en Dominique.
En 1903, il en restait 400. C’est à ce moment que le colonialisme britannique créa officiellement la “réserve” pour les Kalinagos. Il leur fut attribué un territoire de sept communes représentant 15 Kmcarrés (sur 754, soit à peine 2% du territoire) et le droit de s’autogérer (ce qui était déjà effectif depuis des siècles) avec l’élection d’un chef et d’un conseil.
Cette situation fut brutalement interrompue en 1930 par une violente incursion de l’armée britannique au prétexte de contrebande que l’histoire retint sous le nom de “Guerre des Caraïbes”. Il y eut deux morts parmi les Kalinagos qui résistèrent avec des pierres face aux fusils britanniques. Le chef Thomas Jolly John fut destitué. Amené à Roseau avec ses adjoints, il faut incarcéré plusieurs années. Ce n’est qu’en 1953 que l’accord de 1903 fut rétabli et qu’un nouveau Chef fut élu. Lors de l’Indépendance en 1978, un “act” confirma l’existence de la réserve et les droits des Kalinagos.
En juillet 2025, à l’occasion du 100ème anniversaire de la naissance de Frantz FANON, le Cercla Frantz FANON (CFF) avait souhaité poser entre autres, la question des peuples premiers. Nous avions donc invité la communauté des KALINAGO. Personnage remarquable, Première femme a ce poste depuis plus d’un siècle, la Cheffe Anette SANFORD fit le déplacement. Elle a fait une importante intervention le samedi 19 juillet à la Mairie de Schoelcher.
A l’occasion de ce déplacement, Anette SANFORD a saisi le CFF de difficultés dans les rapports entre la Communauté KALINAGO et les autorités Dominiquaises. Entre autres, ces dernières remettaient en cause le pouvoir du Conseil KALINAGO quant à la libre disposition de la terre dans la réserve.
Dans la logique de la pensée de FANON, le CFF a une position de principe de la défense des opprimés. En outre, le sort de la communauté KALINAGO nous parait de la responsabilité de tous les peuples dont le nôtre, occupant aujourd’hui les territoires où résidaient les KALINAGOS lors de l’arrivée des prédateurs européens. Notre dignité nous rend obligés vis à vis des descendants des premiers occupants.
Voilà pourquoi le CFF a mis en place une mission dite “Mission KALINAGO” pour enquêter sur la situation des droits du peuples KALINAGO. Cette mission a obtenu le soutien de deux autres associations, l’ASSOKA et ESA CARAIBES. Elle est en correspondance avec un avocat portoricain.
La mission composée de quatre membres a effectué un premier séjour au sein de la communauté KALINAGO du 3 au 6 avril 2026.
Elle a eu des entretiens avec la Cheffe, le Conseil KALINAGO et diverses personnalités dont 5 anciens Chefs. Ella s’est rendu au monument des victimes de la guerre de 1930. Elle a participé à une manifestation contre les travaux du chantier des Deux Branches. Ces travaux sont une atteinte aux droits des KALINAGOS car la communauté n’a pas été consultée sur ceux-ci alors qu’ils impactent directement et gravement leur territoire. Ces travaux ont depuis été arrêtés.
La Mission devra travailler sur les données collectées, procéder à des investigations et des analyses. Elle retournera en Territoire KALINAGO pour restituer ses analyses à la Communauté KALINAGO et ses représentants Élus. Il y aura aussi lieu à interpeller le gouvernement dominiquais sur des éléments de sa politique vis à vis de la communauté KALINAGO. Il s’agit d’un travail de longue haleine
A ce stade des investigations, il existe certains éléments importants.
Premièrement, l’acte de 1978 n’est pas pleinement respecté et la Communauté KALINAGO manque de recours juridique pour en faire assurer le respect par les autorités de Roseau.
Deuxièmement, l’acte de 1978 est au dessous des critères juridiques tels que définis dans la Résolution du 13 septembre 2007 de l’Assemblée Générales des Nations Unies dans “la Déclaration des nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones”. L’acte de 1978 est en droite ligne de celui de 1903. Il est obsolète car il ne respecte pas les droits de la communauté KALINAGO dont le statut de “peuples premiers” ne peut être contesté.
A cet égard, la déclaration de de l’ONU 2007 dispose:
Article 4: Les peuples autochtones, dans l’exercice de leur droit à l’autodétermination, ont le droit d’être autonomes et de s’administrer eux-mêmes pour tout ce qui touche à leurs affaires intérieures et locales, ainsi que de disposer des moyens de financer leurs activités autonomes.
Article 5: Les peuples autochtones ont le droit de maintenir et de renforcer leurs institutions politiques, juridiques, économiques, sociales et culturelles distinctes, tout en conservant le droit, si tel est leur choix, de participer pleinement à la vie politique, économique, sociale et culturelle de l’État
Ces principes n’existent pas pour le peuple KALINAGO. Ainsi, le Conseil KALINAGO est zn’a pas le contrôle sur les ressources (telle l’eau) de son territoire. Il ne peut disposer de sa terre comme il l’entend et se voit imposer des décision par le gouvernement dominiquais. Il est privé de ressources mais obligé de payer celles venant de son territoire!
Il convient que la Dominique reconnaisse que la Communauté KALINAGO est un peuple autochtone et en tirer les conséquences juridiques. Mais, il reste évident que ce n’est pas à la Dominique à supporter seule la communauté KALINAGO mais c’est une question continentale.
Troisièmement, il se pose aussi la question de la réparation. Cela permet d’insister sur le fait le combat pour les réparations ne saurait se limiter à l’esclavages et aux descendants d’esclaves. La problématique de la réparations doit concerner toutes les victimes de la colonisation. Les KALINAGO ont été dans notre région les premières victimes des colonisations britannique, française et hollandaise. Ils ont droit à une réparation. Il convient de créer les instruments juridiques pour établir et quantifier cette réparation
Le CFF va mobiliser ses forces pour soutenir la communauté KALINAGO et faire que ses droits soient reconnus. Nous appelons démocrates, anticolonialistes et antiimpérialistes à prendre part à ce combat qui est celui de la dignité et du respect de nous-mêmes.
Le 15/05/2026
Raphaël CONSTANT
Président du Cercle Frantz Fanon
serait-ce ces personnes qui chassaient les nors pour les esclavagistes?
Lire la suiteserait-ce ces personnes qui chassaient les nors pour les esclavagistes?
Lire la suiteLa guyane est une colonie, c'est le seytème de l'exclusif.
Lire la suite
...aux "Français moyens (et blancs)" de comprendre ça. Lire la suite
Non mais tu rêves, l'ami ! Lire la suite
...sa pi konpitjé pasé sa (dapré mwen). On ti egzanp? Lire la suite
...dommage que FK ne soit pas davantage lu et décortiqué par des esprits ayant soif de connaissan Lire la suite
"Les défenseurs sérieux de notre langue ne sauraient donc être tenus pour être les auteurs de ces Lire la suite
Voici le genre d'article qu'on aime lire sur FONDAS ! Lire la suite
...évoqué l’élection de la députée BELLAY, avant même que j’évoque son alignement sur un P"S" don Lire la suite
Commentaires
Qui sont-ils?
@Lidé
25/05/2026 - 10:25
serait-ce ces personnes qui chassaient les nors pour les esclavagistes?
Qui sont-ils?
@Lidé
25/05/2026 - 10:26
serait-ce ces personnes qui chassaient les nors pour les esclavagistes?