Notre site-web n'a pas pour habitude de publier des textes anonymes. Nous faisons une exception pour le texte ci-après reçu sur notre boite-mail sans signataire parce que l'analyse qui y est développée nous a semblé pertinente. Nous nous sommes contentés de mettre en gras les parties qui nous ont paru les plus significatives...
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Au lendemain du second tour des municipales, on a beaucoup entendu parler d'une « percée » de Péyi-A en Martinique. Le mouvement aurait progressé, gagné du terrain, installé de nouvelles figures. C'est une belle histoire. Le problème, c'est qu'elle ne tient pas à l'épreuve des chiffres. Regardons calmement.
Une seule vraie conquête : Le Marigot.
Sur l'ensemble du scrutin, Péyi-A ne peut revendiquer qu'une seule victoire vraiment nouvelle : celle de Cynthia Yerro au Marigot, qui ravit la mairie à Joseph Péraste. C'est une vraie prise, sur un sortant, par une candidate formée dans les rangs du mouvement depuis 2020.
À Ducos, Aurélie Nella est réélue. C'est une conservation, pas une conquête : elle était déjà en place depuis 2020.
Tout le reste, c'est de la comptabilité créative.
Les fausses victoires : des élus qui n'ont jamais gagné sous la bannière Péyi-A :
C'est ici que le récit déraille. Plusieurs communes que Péyi-A présente comme « siennes » n'ont jamais été gagnées sous ses couleurs. Rivière-Pilote : Jean-François Beaunol a été élu en 2020, sans Péyi-A, après plusieurs tentatives. Il a rejoint le mouvement après. Sa réélection en 2026, c'est la victoire d'un notable local, pas celle d'un projet politique.
Le Gros-Morne : Gilbert Couturier a été élu en 2014, puis réélu en 2020, à chaque fois sans Péyi-A. Pareil.
Le Diamant : Hugues Toussay, élu en 2020 sans Péyi-A.
Le François : Lionel Grandin prend la suite de Samuel Tavernier, lui-même élu en 2020 sans Péyi-A.
Le Vauclin : Jimmy Farraux n'a rien demandé à Péyi-A. Le compter dans le camp serait une pure annexion rhétorique.
Dans tous ces cas, le schéma est le même : des élus locaux gagnent leurs élections sur leur propre dynamique, leur propre ancrage, leur propre travail de terrain — et Péyi-A les agrège ensuite dans son décompte. Ce n'est pas une percée, c'est une consolidation d'équipes déjà existantes.
Et puis il y a les défaites. Beaucoup de défaites.
C'est la partie qu'on n'aime pas raconter, mais elle existe. Sur l'ensemble du scrutin, une douzaine de candidats investis ou soutenus par Péyi-A ont été battus. À Fort-de-France, l'alliance Jos-Carole au second tour n'a pas tenu, et la candidate a fini avant-dernière au premier tour.
Au Robert, Farell François-Haugrin, maire sortant soutenu par Péyi-a est tombé. Et la liste continue : Noé Malouda, Michel Suivant, Tony Tanic, Louis-Georges Griffith, Fred Jean-Baptiste, Léo Limol, Jonathan Louis-Sydney, Michelle Bonnaire, Kevin Capron, Jérémie Ferdinand, Marie-Stéphanie Belon. Tous battus.
Sur six ans, entre 2020 et 2026, Péyi-A a gagné une mairie nouvelle (Le Marigot), conservé une mairie historique (Ducos), agrégé quatre ou cinq équipes locales déjà installées sans lui, et perdu une douzaine de candidats sur le reste du territoire. C'est cela, le vrai bilan.
Un mouvement politique qui prétend incarner une alternative ne se mesure pas à sa capacité à accueillir des élus déjà installés. Il se mesure à sa capacité à faire élire des candidats parce qu'ils sont porteurs de son projet. À former des nouvelles figures, à gagner sur des terrains hostiles, à convertir une vision en majorités.
Sur ce terrain-là, 2026 n'est pas une victoire pour Péyi-A. C'est, au mieux, un statu quo habillé en progression. Au pire, c'est un signal d'alerte : le mouvement n'arrive pas à transformer son capital identitaire en capacité électorale autonome.
Désolé, Véyative, mais je n'ai pas compris ce que vous avez voulu expliquer. Lire la suite
serait intéressant à ajouter à cette pertinente analyse. Lire la suite
C'est le nom créole de l'envoyé de la Mort. Lire la suite
...sa ki Basil?/ Sinon, n’oubliez pas une chose : le "communisme" ne se réduit pas aux PC issus d Lire la suite
... Lire la suite
Même les compagnies de pompes funèbres ne veulent pas s'occuper de la dépouille du "communisme" ! Lire la suite
...été signée par des militants du PCF et d’autres organisations (Michael LOWY par ex., qui est a Lire la suite
Une pétition circule sur les "réseaux sociaux" (notamment sur le site de l'Assemblée Nationale) p Lire la suite
Quel rapport entre les généraux noirs de Trump et la Kaaba ?
Lire la suiteNon seulement ce pilote bombardait l'Iran ,mais il le faisait de manière parfaitement ILLEGALE :l Lire la suite
Commentaires
Le rapport avec le PLP
Veyative
10/04/2026 - 06:07
serait intéressant à ajouter à cette pertinente analyse. Peyi-A a exagérément flirté avec ses dirigeants, qui patatras ont créé leur propre parti....
LEUR PROPRE PARTI ?
Albè
10/04/2026 - 06:36
Désolé, Véyative, mais je n'ai pas compris ce que vous avez voulu expliquer. Qui sont "ses dirigeants" ? De" quel "propre parti" s'agit-il ?