Voix robotique, images faussement féériques, textes stéréotypés

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        Une grossière erreur de traduction peut avoir des conséquences autres que simplement comiques.

        Par exemple, quand dans les séries ou les films policiers anglais ou étasuniens police officer est systématiquement traduit par "officier de police" alors qu'il s'agit tout simplement d'un..."agent de police". A croire qu'il n' y aurait que des hauts gradés dans les commissariats des pays anglophones ! Bon, c'est juste comique et ça n'a aucune conséquence grave. 

        Par contre, lorsqu'Artificial Intelligence a été traduit par "Intelligence Artificielle" on est en droit de se demander à quoi servent tous ces enseignants d'anglais du collège à l'université (parfois même dès l'école primaire avec ce qui est appelé l'"anglais précoce"). Aucun de ces brillants manieurs de la langue de Shakespeare et de Buffalo Bill pour dire à leurs compatriotes francophones : "Stop ! Y'a erreur !". Il aurait pourtant suffi de prendre un exemple très simple pour montrer qu'en anglais "intelligence" ne signifie pas et n'a jamais signifié "intelligence" mais bien "recueil d'informations", "recueil de données". Ainsi, fort heureusement dans ces mêmes films anglophones, l'expression Intelligent Service n'est pas traduit par "Service Intelligent" ! Google nous dit : 

   "Un intelligence service (service de renseignement) est un organisme étatique chargé de recueillir, analyser et exploiter des informations pour assurer la sécurité nationale, mener le contre-espionnage ou orienter la politique extérieure d'un pays" . 

   Bref, la conséquence de cette erreur de traduction fait que l'utilisateur francophone de l'Artificial Intelligence s'imagine avoir affaire à une machine intelligente et du même coup, finit par se croire intelligent lui-même. En fait, ce que l'on appelle l'AI en anglais ou IA en français avait autrefois un nom : la cybernétique. Pourquoi a-t-il été abandonné ? Sans doute parce qu'il apparait trop obscur au grand public et que les grands manitous de l'IA ont besoin que le plus grand nombre de gens utilisent cet outil. Aujourd'hui, en 2026, il y a déjà, au niveau mondial, davantage de textes rédigés par l'IA que par des humains !!! 

    Nous sommes dès lors envahis par des voix artificielles, robotiques, linéaires, sans la moindre hésitation, avec un ton paternaliste. Des voix d'hommes blancs puisque ni en anglais ni en français on n'y entend des accents asiatiques, arabes, africains ou sud-américains. On y entend aussi rarement des voix féminines ! Quant aux images, elles sont elles aussi lisses, sans aspérités, presque féériques et créent une ambiance bizarroïde et souvent quasi-hypnotique. 

     Et ne parlons même pas des chansons et des musiques qui accompagnent les vidéos-IA ! L'artificialité poussée à son paroxysme, le gommage de toute forme d'émotion (normal, la machine n'est pas un être humain !), la mise en scène d'un monde lisse, presque parfait, même quand il s'agit de dénoncer quelque chose. Peut-on lutter contre non pas l'IA mais la place exagérée qu'elle prend dans nos existences ? 

      Pour l'intant NON ! Mais il suffira d'attendre...

      Attendre quoi ? Ceci : le moment où l'IA finira par tourner en boucle.

      Comment ça ? 

      Parce que l'IA se nourrit de données créées par les humains, qu'elle s'entraine avec ces données, mais ceux-ci ayant cessé désormais d'en créer, la machine sera contrainte d'utiliser toujours les mêmes données et tournera...en rond. Finira-t-elle par s'en rendre compte ? Décidera-t-elle alors de forger ses propres données-IA, mettant alors de côté les données-Êtres-humains devenues obsolètes ? Rien ne permet pour l'heure de répondre à cette question qui, si jamais on y répond par l'affirmative, signerait la fin de l'Humanité ou en tout cas son contrôle total par des robots. 

    Gardons tout de même un espoir (fut-il mince) ! En effet, aucun robot ne jaillira de sa baignoire et ne s'écriera "Euréka !" comme Archimède. Aucun robot ne se demandera pourquoi la pomme tombe de l'arbre qui le porte comme Newton. Aucun robot n'imaginera ce que cela ferait d'être assis sur un rayon lumineux comme Einstein. 

    Finalement, est-ce que, chose ô combien paradoxale !, la Science n'est pas le seul et unique domaine qui réussira à échapper à l'emprise totale de l'IA ? 

    La musique, la chanson, la littérature, le droit, l'économie, la médecine, la comptabilité, les échecs et le jeu de go, le choix d'un conjoint etc...tout sera bouffé par l'IA mais pas...la Science. 

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