Thaïlande : pour les bar girls, un conte d'éponge et de serpillière...

Patrick Chesneau

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   A Pattaya, chaque pluie transforme les soi ( proncer soi-ï, les rues ) en klong. Les épopées épidermiques les plus haletantes commencent toujours ainsi. Il faut une sensualité à fleur de peau. 

   Par temps d’intempéries, les naïades locales continuent d’attendre imperturbablement les loups de mer au coeur en jachère. Ceux-là ont bien souvent le moral sous la ligne de flottaison. Ils dérivaient dangereusement dans la rade où pullulent des créatures pleines de ventouses qui ne les lâchent plus avant de les avoir essoré. Fort heureusement, ils finissent toujours par accoster. Dans ces parages, les rivages sont accueillants. En période de mousson, scénario inondation à répétition. Ultime bouée de sauvetage, les accortes créatures de ces lieux imbibés leur réservent gîte, couvert et plus si affinité pécuniaire. Elles sèchent les larmes qui embuent les regards hagards et absorbent les chagrins de tout candidat aux épanchements du coeur.

   Atout décisif en milieu aqueux, elles sont amphibies et insubmersibles. 

   Le doux piège se referme alors sur les marins  d’infortune en quête d’un port de plaisance. 

Dans une vie souvent chahutée, ils faisaient cap sur une marina de repli. Les récits qui nous parviennent concordent en tous points.

   Sitôt repéré un lagon aux eaux langoureuses, le seul objectif de ces amateurs d’exotisme oriental est de rallier ventre à terre le quai le plus aguichant au terme d’une époustouflante bourlingue sentimentale. Ils cinglent sur les flots pour se délester au plus tôt de leur solitude océanique.

   Reste les inévitables vicissitudes de toute traversée en pleine houle. Ils ont beau verrouiller les écoutilles, très vite ils baissent le foc. Est-ce la posture idéale pour affronter un nouvel épisode des 40èmes rugissants?  Qu’ils se rassurent magré tout.  

   Les sirènes ( d’alarme? ) sont à la manoeuvre. Elles n’ont pas leur pareil pour tenir la barre bien en main.

 

Patrick Chesneau

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