L’Université Paris Cité a retiré à Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences, après une enquête sur le plagiat de sa thèse menée par Arrêt sur images. Dans un long texte publié sur X, Étienne Klein répond désormais en mêlant justification, regret, charge contre les « chevaliers du logiciel » et mise en cause d’un débat qu’il juge déséquilibré, à l’heure de ChatGPT et de la désinformation scientifique.
Dans un texte publié sur X et intitulé « “Guillemets”, paraphrases et Chat-GPT », Étienne Klein revient sur les accusations de plagiat visant plusieurs de ses écrits, dont sa thèse de doctorat en philosophie des sciences. Le physicien et vulgarisateur scientifique y mêle justification, étonnement, mise en contexte historique et charge contre ceux qu’il accuse de s’intéresser davantage aux guillemets oubliés qu’à la désinformation scientifique.
Il replace ainsi sa propre affaire dans une crise plus large de l’écriture, de l’autorité et de la notion même d’auteur.
Le message s’ouvre par une citation de Paul Valéry : « Rien de plus original, rien de plus “soi” que de se nourrir des autres. Mais il faut les digérer. » Étienne Klein reprend cette idée à son compte pour expliquer sa propre pratique d’écriture. Il dit avoir commencé à écrire il y a 36 ans, avec trois objectifs : dire sur la science des choses exactes, mieux faire connaître l’histoire des idées et des savants, et le faire dans une langue « limpide et élégante », aussi littéraire que possible.
Pour atteindre ce but, explique-t-il, il a beaucoup lu, « de façon boulimique », dans les sciences, la philosophie, la littérature et l’histoire. Lorsqu’il rencontrait une formulation correspondant à ses critères, il lui arrivait de l’assimiler et de s’en resservir dans ses propres textes, « pas toujours de façon consciente ». Il affirme alors qu’à ses yeux, ces phrases étaient d’abord « vectrices de connaissances partagées » avant d’être « la propriété de leurs auteurs ».
Étienne Klein insiste : ces remarques ne constitueraient pas une « ligne de défense », mais la marque d’un « étonnement proche de la sidération ». Il interroge le changement de regard porté sur ces pratiques, en demandant si la chasse actuelle aux phrases reprises sans guillemets vient d’une « nouvelle jurisprudence » ou du fait que des logiciels permettent désormais de repérer plus facilement les emprunts non signalés.
Le physicien oppose cette vigilance nouvelle à la circulation massive de fausses informations scientifiques. Il estime que les erreurs, mensonges et croyances infondées rencontrent moins de résistance que les reprises de formulations justes mais mal attribuées. Pour lui, les « auteurs d’erreurs ou de mensonges » seraient ainsi moins attaqués que ceux qui répètent des propos exacts en oubliant une paire de guillemets. Il y voit un déséquilibre, voire une paresse intellectuelle : traquer des similitudes à l’aide d’un logiciel serait plus simple que combattre la désinformation scientifique.
L’argument devient plus personnel lorsqu’il rappelle que son doctorat, soutenu en 1999, avait obtenu les félicitations du jury. Le manuscrit contenait pourtant, affirme-t-il, « quelques phrases écrites par certains de ses membres ». Aucun d’eux, poursuit-il, ne s’en serait offusqué pendant la soutenance, dans le rapport de thèse ou dans les années suivantes. « J’assume pleinement ce que j’ai fait », écrit Étienne Klein, ajoutant qu’il considérait alors agir « comme il fallait faire ».
Il revient aussi sur les accusations antérieures, notamment celles liées à son livre Le Pays qu’habitait Albert Einstein, publié chez Actes Sud en 2016. À l’époque, rappelle-t-il, des passages avaient été modifiés après les révélations de presse. Il présente aujourd’hui cet épisode comme une leçon comprise, dit avoir publiquement présenté ses excuses et affirme avoir depuis changé ses méthodes. Il se décrit même comme un « repenti », devenu un auteur qui cite abondamment, au point de redouter désormais les « zélés censeurs » armés de logiciels spécialisés.
Le texte prend ensuite un virage vers l’intelligence artificielle générative. Pour Étienne Klein, l’arrivée de ChatGPT a changé la donne : des textes produits à partir d’écrits humains, que leurs utilisateurs n’ont pas nécessairement lus, circulent désormais sous forme de paraphrases plus ou moins retravaillées. Il parle de « simulacres de travail » et de « sédiments numérisés et réarrangés », avant de poser une question plus large : que devient la notion même d’auteur dans un monde où une partie du travail intellectuel est remplacée par des calculs algorithmiques ?
C’est dans ce cadre qu’il vise ceux qu’il appelle les « chevaliers du logiciel ». À ses yeux, les personnes soucieuses d’originalité devraient s’attaquer avec la même énergie aux textes générés ou paraphrasés par l’intelligence artificielle.
Étienne Klein conclut sur un ton beaucoup plus offensif. Il dit ne demander qu’une chose : que ceux qui n’ont « jamais rien fait » contre l’inculture scientifique se retiennent de lui « faire la leçon ». Quant à ceux qui s’en prennent en priorité à ceux qui combattent cette inculture, il les prie d’« aller se faire voir ailleurs ».
Cette prise de parole intervient alors que l’affaire a pris une dimension institutionnelle majeure. Arrêt sur images a révélé que l’Université Paris Cité avait décidé de retirer à Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences, après une enquête de 20 mois sur le plagiat de sa thèse, menée par Loris Guémart et Jean Abbiateci. Le physicien serait aussi interdit de réinscription en doctorat. Contactée par ActuaLitté, l’université confirme avoir prononcé des décisions individuelles le visant, sans en préciser le contenu.
Arrêt sur images affirmait avoir identifié, dans sa thèse soutenue en 1999 — à l’Université Paris-Diderot, devenue Université Paris Cité, puis publiée aux Presses universitaires de France sous le titre L’Unité de la physique — des passages plagiés dans 88 des 429 pages du livre, avec des emprunts non signalés à une vingtaine d’auteurs et autrices, dont Louis de Broglie, Albert Camus, Jean-Michel Besnier, Gerald Holton ou Michel Paty, membre du jury.
Les exemples relevés allaient de phrases isolées à des pages entières reprises sans guillemets ni attribution. Le média décrivait aussi une méthode consistant à citer un auteur une première fois, avant de reprendre de longs passages sans nouvelle mention. La présence de travaux de membres du jury parmi les sources concernées donnait à l’affaire une dimension académique particulièrement sensible.
Après ces révélations, l’Université Paris Cité avait ouvert une instruction conduite avec les référents à l’intégrité scientifique du Centre de recherche CEA, où Étienne Klein est directeur de recherche, et des experts du plagiat. Le CEA a indiqué avoir « pris connaissance » des sanctions et « agir en conséquence », sans autre commentaire.
L’affaire prolonge des accusations déjà formulées depuis 2016, notamment par L’Express, évoqué dans le texte d'Étienne Klein, sur des emprunts non crédités dans Le Pays qu’habitait Albert Einstein et certaines chroniques. En 2024, Étienne Klein avait reconnu avoir « enfreint certaines règles », présenté ses excuses et affirmé avoir depuis changé ses pratiques.
Reste que l’argument central de ses contradicteurs demeure inchangé : dans une thèse de doctorat, les emprunts doivent être identifiables, référencés et clairement distingués du propos personnel.
Sur X, Arnaud Saint-Martin, député LFI-NFP et sociologue des sciences, interroge désormais le sort de l’HDR d’Étienne Klein, un diplôme qui permet notamment d’encadrer des thèses. Après la publication du texte, il considère qu'Étienne Klein « ne mesure toujours pas la gravité de son pillage industriel ». Thomas C. Durand, docteur en biologie et animateur de chaine YouTube La Tronche en biais, juge la sanction « juste », tout en refusant « la mise au pilori » du vulgarisateur. Sollicité par ActuaLitté avant cette prise de parole sur X, Étienne Klein n’a pas répondu.
Sur X, Philippe Roi, chercheur en sciences cognitives, juge la faute « sérieuse », parce qu’elle touche à « l’intégrité académique », et rappelle que la rigueur universitaire « doit rester exigeante ». Mais il refuse de réduire Étienne Klein à cette sanction : « Un doctorat ne fait ni un homme, ni une œuvre et encore moins une vie », estimant que le physicien a offert depuis plus de 30 ans « une transmission rare de la physique et de la philosophie des sciences ». Pour lui, « l’erreur commise il y a un quart de siècle » ne peut effacer « une vie entière consacrée à éclairer les autres ».
Crédits photo : Étienne Klein (Yves Tennevin, CC BY-SA 2.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
ne crachez pas sur les martiniquais , vous ètes pire, toujours à défendre vos maitres blancs.
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...komik. Zot pa sav ki lè zot ka mayé épi Antiyèz fok zot maré ren-zot ?
Lire la suiteLes Mquais les récupèrent par milliers de tonnes ,les font sêcher ( je crois) et vont les ré-imme Lire la suite
Tout à fait d'accord ...et très vite !!
Lire la suiteil faut arrêter ces délinquants, non?
Lire la suiteTu connais maintenant le terme "papillonisme" ? Ha-ha-ha ! Lire la suite
Vous confondez "papillonisme" et relations sexuelles interraciales.
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...sa ka prédi an mové bagay. An bidim siklòn oben tjek voumvap lanmè. Lire la suite
Les Békés ont été pendant 3 siècles les papillonneurs en chef ! Lire la suite