Lotobis Met Salvi a chajé... ak bel mo kréyol fondok!

Roland Davidas

Rubrique

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Richesse et Densité lexicales dans "Bitako-a" de Raphael CONFIANT

 

Sé anni anlè pwa kò flègèdè'w la pou sa koumansé apiyé.Ou ka lonviyé oliwon'w, zié'w ka flichonnen anba vié klèté sé ma dlo-a ki nan mitan krévé-a. Yè-oswè sé konsidiré an labablé fésé kòy atè men sé pa pou di ou tann hak. Sé pa pou di tikiting lapli-a anlè fey tol ti kay-la lévé'w nan viérev-la ou té ka fè a.

 

Introduction

 

Publié en 1985, Bitako‑a de Raphaël Confiant apparaît comme l’un des premiers romans martiniquais à faire du créole non seulement une langue d’écriture, mais une véritable instance narrative. Loin d’un créole édulcoré ou « tjòlòlò », épuré et lissé par les usages de l'En-ville, l'auteur choisit délibérément un créole basilectal, dense, foisonnant, profondément enraciné dans les parlers populaires. Ce choix n’a rien d’un simple geste stylistique : il constitue le cœur même du projet romanesque.

Car dans Bitako‑a, le véritable héros n’est pas Omer (Omè) le personnage "principal". Le protagoniste réel, celui qui agit, structure, façonne et triomphe, c’est la langue créole basilectale elle‑même. Langue marginalisée, souvent perçue comme « bitako » — c’est‑à‑dire rustique, campagnarde, dévalorisée — elle occupe pourtant dans le roman une place centrale, massive, presque souveraine. Par sa présence numérique, par la profusion de ses mots rares, par la vitalité de ses tournures, elle impose son rythme, son imaginaire, sa vision du monde. Elle devient un dispositif narratif, une manière d’habiter le réel.

Dans les années 1980, alors que le créole tend à s’urbaniser, à s’édulcorer, à perdre ses formes les plus anciennes, Raphaël Confiant opère un geste paradoxalement moderne : il réhabilite le basilecte, non comme relique folklorique, mais comme force d’avenir. Ce roman anticipe en effet l’émergence d’une nouvelle génération d’écrivains créolophones, ainsi que la reconnaissance institutionnelle du créole, désormais enseigné à l’école. En ce sens, Bitako‑a n’est pas un retour nostalgique vers un passé rural : c’est une proposition esthétique (et sans doute politique), une manière de dire que la modernité martiniquaise peut — et doit — se construire à partir de la profondeur de sa langue.

À travers l’analyse du lexique basilectal, de la syntaxe, du rythme et de la fonction narrative de la langue, cet article montrera comment le créole basilectal devient, dans Bitako‑a, le véritable sujet du récit, celui qui donne forme au monde et qui résiste à l’effacement. La langue n’est pas un décor : elle est l’acteur principal, le souffle du roman, son énergie la plus intime.

La langue basilectale de CONFIANT agit comme un personnage. Elle est active : elle est histoire, corps, violence, dignité.

 

Lang fondok-fondok Confiant an sé an bitako sosial, men sé soutou an met-pies poétik.

 

I. Une densité lexicale basilectale exceptionnelle

L’un des traits les plus frappants de Bitako‑a réside dans la prodigieuse densité lexicale du créole basilectal mobilisé par Raphaël Confiant. Dès les premières pages, le lecteur est immergé dans un flot de mots rares, anciens, ruraux, profondément enracinés dans les parlers populaires martiniquais. Cette profusion n’est pas un simple effet de couleur locale : elle constitue la matière même du récit, son souffle, sa texture, son énergie.

Le roman fonctionne comme un véritable réservoir de langue, où surgissent des termes que l’usage quotidien avait déjà commencé à marginaliser dans les années 1980. Des mots comme lonviyé, labablé, viérev, lankongni, kalabray, soukou, djòbè, pangal, mouskouyon, makayé, lavanniz, dikanman, megzoklet, bousoulavi, mamoukatji, soukouyé, bitué, djoumbaté, zoutad, zwel, et des dizaines d’autres encore, forment un tissu lexical d’une richesse exceptionnelle. Ils ne sont pas là pour faire joli : ils portent un monde, ils organisent une vision, ils fabriquent la narration.

Cette densité lexicale est d’autant plus remarquable qu’elle s’inscrit à contre‑courant de l’évolution sociolinguistique de la Martinique au moment de la publication du roman. Les années 1980 voient en effet l’émergence d’un créole plus urbain, plus francisé, plus « léger », parfois qualifié de tjòlòlò — un créole édulcoré, appauvri, qui tend à effacer les formes les plus anciennes. Confiant, lui, opère un geste inverse : il réactive le basilecte, il le remet au centre, il lui redonne une visibilité massive, presque insolente.

Le résultat est saisissant : la langue basilectale déborde le récit, elle sature l’espace narratif, elle impose son rythme et sa logique. Elle devient un acteur, une présence, un personnage à part entière. Le lecteur ne suit pas seulement l’histoire d’Omer : il traverse une langue, il respire son souffle ancien.

Cette densité lexicale a également une fonction mémorielle. Elle réactive des pans entiers du lexique rural, agricole, social, qui constituent la mémoire profonde de la Martinique. Chaque mot basilectal est un microcosme culturel, un fragment d’histoire, un vestige vivant d’un monde en voie de disparition. En les réintroduisant dans la fiction, Confiant accomplit un geste de sauvegarde, de transmission, un geste presque patrimonial.

La densité lexicale de Bitako‑a n’est pas un simple trait stylistique : elle est la manifestation la plus visible du rôle central que joue la langue dans le roman. Elle prépare le terrain pour la thèse que nous défendons : le véritable héros du récit n’est pas Omer, mais la langue créole basilectale elle‑même, qui triomphe par sa profusion, sa vitalité et sa puissance d’évocation.

Mais cette densité lexicale ne produit pas seulement un effet de richesse : elle engendre aussi une opacité signifiante, une résistance volontaire du texte à la transparence. Le basilecte, par la rareté de certains mots, par la rugosité de ses formes, par son éloignement du créole lissé et polissé, impose au lecteur un ralentissement que l'on peut qualifier d'herméneutique (il l'oblige à interpréter et à négocier le sens) : an labablé sé kisa?; kalabray, sa sa yé?; mamoukatji, ki sa sa lé di? ). On trébuche, on interroge, on écoute. La langue oblige à une lecture active, chaque mot devient un seuil à franchir.

Mais cette opacité n’est pas un obstacle : elle rappelle que la langue est un lieu où le sens se fabrique. En refusant la transparence immédiate, le basilecte crée une profondeur, une densité, une stratification du récit. Il transforme la lecture en exploration, en plongée dans un monde linguistique opaque dont chaque mot constitue à la fois un obstacle et une révélation.

Ainsi, l’opacité basilectale fonctionne comme une résistance sémantique : elle protège la langue contre l’effacement, elle préserve sa force intérieure, elle affirme sa souveraineté. La langue devient ainsi un espace de tension, de désir, de quête.

En ce sens, la densité lexicale basilectale de Bitako‑a n’est pas seulement un trait stylistique ou un geste identitaire : elle est une poétique de l’opacité, une manière de faire de la langue le véritable protagoniste du récit. C’est elle qui ralentit, qui résiste, qui façonne, qui commande. C’est elle qui impose son rythme, sa logique, sa profondeur.

II. Le basilecte comme dispositif narratif dans Bitako‑a

(Omer s’efface, la langue triomphe)

Si la densité lexicale basilectale constitue la matière première du roman, c’est dans son fonctionnement narratif que cette langue révèle pleinement sa puissance. Dans Bitako‑a, le créole basilectal n’est pas un simple médium : il devient un dispositif narratif, une force structurante qui modèle le rythme, et finit par occuper l’espace laissé vacant par un personnage principal en voie d’effacement.

1. Omer : un protagoniste désorienté, en perte de repères

"Omè", le « bitako » venu du Lorrain, arrive à Fort‑de‑France avec l’espoir d’une vie meilleure. Mais très vite, la ville se révèle hostile, trompeuse, décevante. Il le dit lui‑même : « manti a vil‑taa épi lo makakri’y la »cette ville de mensonge et d’hypocrisie.

Tout s’effrite autour de lui :

  • la ville le rejette,
  • les gens le déçoivent,
  • Anayiz, sa masibol, le blesse,
  • sa mère lui manque,
  • il n’a plus la force de remonter au pays,
  • il se sent prisonnier de Mòn‑Pijwen,
  • il doute de tout, même de lui‑même.

Sa détresse atteint un point extrême :

« mwen pa té sav sa ki té ka rivé mwen. An lanvi fini chié épi tout bagay… An lanvi tounen woch oben piébwa. »

« S’ou wè man voltijé kòmwen anba woul yonn, fwenk lanmò‑a té ké dous. »

"Omè" est un personnage en chute, en dissolution, en perte de repère et de substance. Il devient presque transparent.

2. Quand le personnage s’efface, la langue prend toute la place

C’est précisément dans cet effacement progressif du protagoniste que le basilecte révèle sa fonction narrative profonde. À mesure qu’"Omè" perd ses repères, la langue, elle, gagne en intensité.

Elle envahit :

  • les descriptions,
  • les dialogues,
  • les pensées,
  • les émotions,
  • les paysages,
  • les gestes,
  • les silences.

Le roman se remplit de mots basilectaux comme d’une marée montante. Plus Omer se vide, plus la langue se remplit. Plus il doute, plus elle s’affirme. Plus il s’efface, plus elle triomphe.

Le basilecte devient alors le véritable sujet du récit, celui qui continue d’exister quand le personnage n’y parvient plus.

3. Une langue qui commande le récit et impose sa logique

Le basilecte n’est pas seulement présent : il agit. Il impose :

  • son rythme,
  • ses images,
  • ses tournures anciennes,
  • ses mots rares,
  • sa rugosité,
  • son opacité.

Cette opacité, loin d’être un obstacle, devient une stratégie narrative.

Le lecteur ne suit plus "Omè" : il suit la langue, il la déchiffre. La langue superbement basilectale de CONFIANT devient trace, vestige vivant d'une mémoire linguistique.

4. Le basilecte comme force de résistance et de survie

Alors qu’"Omè"s’effondre, la langue, elle, résiste. Elle refuse l’effacement, refuse la transparence, refuse la dilution dans un créole urbain édulcoré. Elle se dresse comme une force vivante, presque sauvage, qui tient tête à la modernité « tjòlòlò » de l'En-ville.

Le roman raconte la chute d’un homme, mais aussi — et surtout — la survie d’une langue.

Le véritable « bitako », ce n’est pas"Omè": c’est la langue elle‑même, rustique, marginalisée, méprisée, mais qui, dans le roman, prend sa revanche.

Elle triomphe là où le personnage échoue. Elle demeure là où il disparaît. Elle parle encore quand lui n’a plus de voix.

Mais cette désorientation du personnage, cette fatigue existentielle, cette impression d’être trahi par la ville, par l’amour, par la vie elle‑même, ne sont pas seulement les tourments d’un personnage fictif. Elles résonnent comme l’écho d’une inquiétude plus profonde : celle de l’auteur lui‑même face à l’avenir de la langue créole.

La paronymie Omer/amer fonctionne à plein en effet et camoufle sans doute l'angoisse de Rapahaël Confiant : voir le créole perdre sa force, sa vitalité, son authenticité, sous la pression du français mais surtout sous l’effet d’une certaine indifférence linguistique du peuple martiniquais. "Omè" souffre de ne plus reconnaître la ville ; Confiant souffre de ne plus reconnaître sa langue."Omè"  doute de lui‑même ; Confiant doute de la survie du basilecte."Omè" se sent abandonné ; Confiant voit la langue abandonnée par ceux‑là mêmes qui la parlent.

Ainsi, la détresse du personnage devient la métaphore d’une détresse linguistique collective. Et c’est précisément parce que la langue est menacée que le roman lui donne une place si vaste, si dense, si vibrante : pour qu’elle ne meure pas, pour qu’elle tienne debout là où Omer vacille.

III. Le basilecte : véritable héros paradoxal du roman

(la langue-bitako se sauve elle‑même et sauve Omer)

Au cœur de Bitako‑a, un paradoxe saisissant se déploie : alors que le personnage "principal", s’effondre progressivement sous le poids de la ville, de la déception amoureuse, de la solitude et du doute, la langue créole basilectale, elle, se renforce, s’épaissit, se densifie, jusqu’à devenir la véritable force vitale du roman. Le héros visible chancelle ; le héros invisible s’affirme. Le « bitako » humain se perd ; le « bitako » linguistique résiste.

1. Omer : un héros en voie d’effacement

Tout au long du roman, "Omè" apparaît comme un être en dérive. La ville de Fort‑de‑France, qu’il espérait accueillante, se révèle hostile, mensongère, décevante. Il perd ses repères, ses illusions, son énergie. Il ne reconnaît plus les gens, ni les lieux, ni lui‑même. Il ne parvient pas à remonter au Lorrain, vers sa mère qu’il aime profondément. Il se sent prisonnier de Mòn‑Pijwen, comme enfermé dans un labyrinthe urbain.

Sa détresse atteint une intensité tragique : il pense au suicide.

Il n’est plus un héros : il devient une ombre, un vide, un être en dissolution.

2. Pendant que l’homme s’effondre, la langue se dresse

C’est précisément dans cet effacement du personnage que le basilecte révèle sa nature paradoxale : il devient le véritable protagoniste du roman.

Alors que le personnage principal perd sa voix, la langue, elle, parle plus fort. Alors qu’il doute, elle s’affirme. Alors qu’il s’efface, elle occupe tout l’espace.

Le basilecte se déploie avec une vigueur presque physique :

  • par sa force phonétique,
  • par la puissance sémantique de ses mots anciens,
  • par la présence massive de son lexique,
  • par la rythmicité de ses phrases.

La langue devient un corps, un souffle, une matière vivante. Elle remplit le roman là où"Omè"  se vide.

3. Une langue qui se sauve elle‑même

Le basilecte, dans Bitako‑a, n’est pas seulement un outil narratif : il est un être en lutte.

Dans les années 1980, le créole basilectal est menacé :

  • par la décréolisation,
  • par l’érosion lexicale,
  • par l’urbanisation linguistique,
  • par le créole « tjòlòlò », édulcoré, aseptisé,
  • par la honte sociale attachée aux formes rurales.

Confiant fait alors un geste audacieux : il donne au basilecte un espace où survivre, un espace où respirer, un espace où se dire.

Le roman devient un refuge linguistique, un lieu de résistance, un sanctuaire où la langue peut se déployer dans toute sa profondeur.

Le basilecte se sauve lui‑même en se rendant indispensable au récit. Sans lui, il n’y a plus de monde, plus de voix, plus de narration.

4. Une langue qui sauve aussi Omer

La langue ne se contente pas de survivre — elle sauve Omer.

Le "héros" ne passe pas à l’acte suicidaire. Pourquoi ?

Parce qu’il est habité par une langue qui refuse la mort. Une langue-bitako comme lui, une langue marginalisée comme lui, une langue blessée comme lui, mais une langue vivante, tenace, résistante.

Le basilecte devient pour Omer :

  • un ancrage,
  • une mémoire,
  • une force,
  • une respiration,
  • une manière de tenir debout.

La langue lui donne ce que la ville lui refuse : une identité, une continuité, une dignité.

5. Le basilecte : un héros paradoxal

Le basilecte est un héros paradoxal parce qu’il :

  • n’a pas de corps mais agit comme un corps,
  • n’a pas de voix mais parle plus fort que tous,
  • n’a pas de statut mais commande le récit,
  • est méprisé mais devient central,
  • est menacé mais résiste,
  • est ancien mais ouvre la voie à la modernité.

Conclusion : la basilectalité héroïque de Bitako‑a

Au terme de cette traversée du roman Bitako‑a, une évidence s’impose : le véritable protagoniste de l’œuvre n’est pas "Omè" mais la langue créole basilectale elle‑même. Langue marginalisée, dite « bitako », reléguée aux marges sociales et linguistiques de la Martinique des années 1980, elle surgit ici avec une vigueur inattendue, une densité lexicale exceptionnelle, une présence presque physique qui déborde le récit et en devient la force motrice.

Alors que l'homme s’effondre, vacille, doute de tout — de la ville, des autres, de l’amour, de lui‑même — la langue, elle, ne doute jamais. Elle avance, elle s’impose, elle résiste. Elle se déploie dans toute sa rugosité, sa musicalité, sa profondeur sémantique. Elle occupe l’espace que le personnage principal ne parvient plus à habiter.

Le roman raconte la dérive d’un homme, mais il met en scène la résilience d’une langue. Une langue blessée mais vivante, menacée mais tenace, ancienne mais moderne.

Dans un contexte où la décréolisation, l’érosion lexicale et l’urbanisation linguistique fragilisaient les formes basilectales, Bitako‑a accomplit un geste paradoxal : il sauve la langue en la laissant se sauver elle‑même. Le roman devient un espace de survie, un refuge, un lieu où le basilecte peut se dire, se déployer, se réinventer. Et, dans ce mouvement, la langue sauve aussi le personnage humain : elle lui donne une identité, une mémoire, une force intérieure qui l’empêche de basculer dans le néant.

Ainsi, le basilecte apparaît comme un héros paradoxal : un héros sans corps mais omniprésent, un héros sans voix propre mais qui parle plus fort que tous, un héros méprisé mais central, un héros menacé mais victorieux dans l’espace du roman.

Bitako‑a est un récit magnifique, un acte de résistance linguistique, un manifeste poétique, mais aussi un geste de modernité. En faisant du basilecte le cœur battant de son œuvre, Raphaël Confiant ouvre la voie à une nouvelle ère de la littérature créole, où la langue — dans toute sa profondeur, sa rugosité, sa beauté — devient non seulement un outil, mais un horizon.

Mèsi misié CONFIANT.

(Roland DAVIDAS)

 

 

 

Annexe

Glossaire basilectal de Bitako‑a (classé par ordre alphabétique)

(mot créole → définition → exemple du roman)

A

anbèn — sournois·e Fanm Mòn Pijwen toujou kònen boug‑yo anbèn.

anmerdasion — ennui, emmerdement Ou pa té ka sézi anmerdasion‑an sa té yé…

apamol — sandale Ou foukan désann… ou péd apamol‑ou.

apoda — sot, idiot Fwenk man té apoda.

B

bagay‑la — la chose (sens sexuel atténué) Sé pa pou di yo pa jen ofè’w bagay‑la.

bandonnen — abandonner Man sonjé man té bandonnen pagra‑mwen…

bawoufiè — jeune prétentieux An tan man té jenn ti bawoufiè…

bitué — habitué Sé kon sa nég‑la bitué viv.

blanbalenn — bougie Yo té ka vini a minui limen blanbalenn…

blipman — subitement Tout kò’w té anni léjè blipman.

bonhou — bonjour San i voyé an ti bonhou ba’w.

bousoulavi — bandit de grand chemin Sé bousoulavi ki té ka mété sa.

bwareng — stérile Mwen menm lan ki bwareng…

brigandé — faire le téméraire Yo té ka gadé’y brigandé toupatou…

brigay — victuailles Sé pa pou nou lé dé a selman ou mennen lo brigay‑tala ?

C

chèlèlè — mettre sur un piédestal Yo té labitid‑yo fè chèlèlè épi’w.

D

déchalboré — décapiter Mèyè an moun man té déchalboré anlè‑a.

denngolé — dégouliner Laswè té ka denngolé anlè fidji’y.

dikanman — vêtement usagé I té ka ralé mwen pa bout dikanman.

djaka — fort, solide Sé pa mongonyon yo ka fè, sé nég ki djaka.

djoumbaté — travailler Sez lanné ka djoumbaté adan boyo mons‑lan.

djòbè — travailleur occasionnel Man Richa, madanm djòbè‑a…

dri — sans merci Koutla té ka palé dri.

drivayé — errer, se promener Pèsonn ka drivayé.

E

espéré — attendre Sa ou ka espéré a ?

estébékwé — surpris, étonné “Ki sa ?” man mandé estébékwé…

F

fè koulé — draguer, courtiser Ou pa jen chaché fè pies koulé dèyè pies madanm…

fenyantiz — paresse Fenyantiz sé pa kéchoy man jen konnet…

fianzan — grippé, mal en point Es sé pa fianzan ou fianzan ?

fichonnen / flichonnen — frissonner Ziè’w ka flichonnen anba vié klèté sa…

fifinen — se faufiler, disparaître Yo té ka fifinen a travè sé wet‑la.

fion — insinuation Sé ba’y manman’y té ka voyé fion‑tala.

foda — falloir Foda nou sé mandé’y sa an jou.

foulbak — rempli Bonm‑lan té foulbak.

fwenk — fiche que Fwenk Lalvé pé di i long an tjou’y.

G

gayé — se disperser Moun té ka gayé kon jibié ki wè malfini.

gloubap — engloutir I té lé gloubap li.

H

hak — rien Ou tann hak.

J

joy — sacré, fameux Omè, joy nonm, wi !

K

kabech — tête Sa ki té ka plen kabech‑li…

kabet — cabine An ti kabet cho kon an fou chabon.

kalabray — galopins Sé ti kalabray‑la pran lavol…

kalibich — équilibre San yo té péd kalibich.

kapistrel — jeune fille délurée Kapistrel ki lévé atè Fod‑Frans…

kokomakak — problème, ennui I pa lé trapé pies kokomakak ba kò’y.

kokomiyon — amant Koko miyon’y la…

konmva — étant donné que Konmva i pa té lé trapé pies kokomakak…

L

labablé — forte averse An labablé fésé kò’y atè.

lablanni — séchage du linge Yo ka mété rad‑yo lablanni.

lakataw — coup de tonnerre Ou anni tann an kalté lakataw.

lalwa — gendarme Lalwa ! mi lalwa !

lankongni — recoin Yo bliyé adan an lankongni.

lapérozité — peur An kalté lapérozité ka angwé fal‑mwen.

lavalas — pluie torrentielle Ou pèsivwè an lavalas.

lavanniz — faim Lavanniz té anlè‑yo.

lavéret — variole Makrélaj té ka kouri kon lavéret.

lévé — pousser, grandir Kapistrel ki lévé atè FDF…

lonviyé — surveiller Ou ka lonviyé oliwon’w.

luiloud — goudron Soley ka kraché difé anlè luiloud‑la.

M

mabo — maman Mabo’w té las ka di’w…

mabougres — forte femme Ou pa wè mabougres‑la…

makayé — grignoter Dé ti sangann ka makayé féwos…

mamoukatji — galopin Man té jenn ti mamoukatji…

mandjanné — mendier, soutirer Pou mandjanné’w dé fran kat sou…

masibol — amoureux Misié man épi’y la sé masibol tifi‑mwen an.

mèch — s’enfuir à toutes jambes Ou mèch désann adan sé karantkat mach‑la.

megzoklet — maigre An boug megzoklet vini…

mongonyon — avorton Sé pa mongonyon yo ka fè…

mouskouyon — garnement An ti mouskouyon ki té pran pawol kongo‑a…

N

— peut‑être Jou nè baré’w kon sa yé sa !

noz — oser Moun‑la ki té ka noz gadé’w la…

P

pach koko — fibre de coco Timanmay ka fè gonmié épi pach koko.

pangal — fuite désordonnée Yo té ka kouri an pangal…

pété ri — éclater de rire Yo té ka pété ri.

pisimié — préférer I té pisimié ay péché zabitan…

pofondé — pénétrer I té ka pofondé lanmen’y…

R

ralba — rare Pawol‑li té vini ralba.

rounounou — murmurer Granmadanm‑lan lévé ka rounounou.

S

sangann — petite fille espiègle Dé ti sangann…

sigré — secret Man té ni an sigré man té lé séré.

siléma — cinéma An boug té ka kolé afich siléma.

solibo — roulade, prise Yo té ka pran solibo.

soubawou — rustre Sé pa an soubawou ki ka pasé douvan lapot kay‑ou.

soukou — obscurité Kon an zéklè nan mitan soukou‑a…

soukouyé — secouer Dé bra‑mwen té ka soukouyé…

T

tanbi — bruit, désordre Pa ni pies tanbi.

tansion — prends garde Tansion, wi, fanm Bò‑Kannal…

teg — toit de véhicule Teg‑la té ni makout karayib anl’y.

tenmbolizé — persécuter Yo té ka tenmbolizé yo toulong.

tikiting — goutte à goutte Tikiting lapli‑a anlè fey tol.

touhou — toujours I touhou té lé rann lézot sèvis…

tribil — problème, tracas Ou méyè trapa tribil épi Adliz ?

V

valkandé — rouler à grande vitesse Lotobis‑la valkandé adan chimen‑an…

vèti — avertir Tout konpè’w té ka vèti’w.

viérev — cauchemar Menm viérev‑la dépi nanninannan‑an…

voukoumé — faire du tapage Kòn lanbilans‑lan voukoumé…

W

wet — ruelle Yo té ka fifinen a travè sé wet‑la.

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Commentaires récents

  • Pendant des années Epstein a financé des projets liés à Israël

    Sans commentaire....

    yug

    15/02/2026 - 22:19

    Epstein espion israelien :exactement ce que je préssentais déjà dans mon commentaire intitulé : Lire la suite

  • Quand ces trois pervers nous font la leçon sur les droits des femmes en... Iran !

    israel brulent les Palestiniens!!!!

    @Lidé

    15/02/2026 - 06:18

    Oui, un pas de plus avec des armes thermonucléaires , le peuple élu immolent les Palestiniens. Lire la suite

  • "Cet élève c'est Satan !"

    REPONDRE ?

    Albè

    14/02/2026 - 19:19

    T'es qui pour estimer "devoir me répondre" ? Lire la suite

  • "Cet élève c'est Satan !"

    Piètres arguments ,comme toujours

    yug

    14/02/2026 - 14:15

    Enième évocation systématique ,en guise d'arguments du "second degré" et "d'absence du sens de Lire la suite

  • "Cet élève c'est Satan !"

    CON COMME UN BALAI

    Albè

    14/02/2026 - 11:20

    Ce Yug n'a aucun sens du second degré ni de l'humour. Lire la suite