Affaire Kamel Daoud: son épouse brise le silence

Aïcha Dahdouh, épouse de l’écrivain Kamel Daoud et psychiatre poursuivie en Algérie dans le volet relatif au secret médical, a rendu publique une déclaration dans laquelle elle conteste les accusations et affirme ne pas partager les positions de son mari sur l’Algérie, l’islam et la Palestine. Le tribunal d’Oran doit rendre son délibéré mardi 27 octobre.

Nouveau développement dans l’affaire Kamel Daoud. Dans une déclaration publique, Aïcha Dahdouh affirme son innocence et rejette les accusations de divulgation du secret médical et de vol de dossier médical liées à la controverse autour du roman « Houris », récompensé par le prix Goncourt en 2024. « Je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical. Je n’ai pas volé de dossier médical », déclare la psychiatre, qui rappelle que le secret médical constitue un fondement essentiel de l’éthique de sa profession.

Poursuivie dans cette affaire en Algérie, elle affirme avoir souhaité comparaître devant la justice de son pays, mais explique que les prises de position publiques de son époux et une situation familiale difficile l’en ont empêchée. Le délibéré du tribunal d’Oran est attendu mardi 27 octobre. Dans son communiqué, Aïcha Dahdouh prend également ses distances avec Kamel Daoud. « La voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne », écrit-elle, précisant qu’elle ne partage pas les positions de l’écrivain sur l’Algérie, l’islam et la Palestine. Elle évoque également des divergences dans leur manière d’appréhender la souffrance humaine.

L’affaire remonte à 2024, lorsque Saâda Arbane, rescapée d’un massacre terroriste durant la décennie noire, a accusé Kamel Daoud d’avoir utilisé des éléments de son histoire personnelle pour écrire « Houris ». La plaignante affirme que plusieurs détails intimes de son parcours se retrouvent dans le roman et soupçonne l’écrivain d’avoir eu accès à ces informations par l’intermédiaire de son épouse, qui l’avait suivie dans le cadre d’une prise en charge psychiatrique à Oran.

Kamel Daoud conteste les accusations. Le dossier soulève des questions relatives au secret médical, au respect de la vie privée et aux limites de l’utilisation d’éléments inspirés de faits réels dans une œuvre de fiction. Des procédures ont été engagées en Algérie et en France. En avril 2026, l’écrivain a annoncé avoir été condamné par contumace en Algérie à trois ans de prison ferme dans un autre volet judiciaire lié à son roman. En France, il a par ailleurs été relaxé dans une procédure distincte en diffamation. Ces décisions concernent des procédures différentes et ne tranchent pas nécessairement l’ensemble des griefs soulevés dans l’affaire.

La déclaration d’Aïcha Dahdouh intervient ainsi à la veille d’une échéance judiciaire importante à Oran. Elle conteste les accusations portées contre elle, tandis que Saâda Arbane continue de mettre en cause l’utilisation présumée de son histoire personnelle. L’issue des procédures devra permettre d’établir les faits et de déterminer les éventuelles responsabilités des personnes concernées.

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