Dans la biographie de Frantz Fanon que vient de publier l’écrivain-chercheur Benaouda Lebdai, ce dernier a choisi de mettre l’accent sur l’impossibilité de dissocier Frantz Fanon de l’Algérie et l’Algérie de Frantz Fanon.
Le livre qui parait aux éditions Casbah porte pour titre Frantz Fanon algérien : un choix». Connu et reconnu pour sa rigueur dans ses livres et ses recherches, Benaouda Lebdai explique, dans ce nouvel ouvrage, le lien exceptionnel souvent minimisé et injuste, non seulement vis-à-vis de l’Algérie, mais surtout vis-à-vis de Frantz Fanon lui-même qui a choisi d’être algérien.
L’objectif de cette biographie, explique l’auteur, consiste à replacer l’icône politique dans son rapport avec son pays d’adoption avec des références algériennes, avec un angle d’approche qui ne repose pas sur une volonté de territorialiser le théoricien Frantz Fanon à tout prix, mais de souligner que sans la révolution algérienne contre le système colonial français, Frantz Fanon n’aurait pas été le théoricien anticolonial qu’il est devenu.
Le lecteur lira avec un intérêt tout particulier cet ouvrage original qui recèle une masse remarquable de références et de témoignages algériens. De même que le livre rantz Fanon Algérien : un choix» met en lumière l’engagement de Frantz Fanon pour l’Algérie et celui de l’Algérie envers cet immense théoricien et homme visionnaire. Benaouda Lebdai rappelle que plus de soixante-six ans après la disparition de Frantz Fanon, force est de constater que son nom résonne avec force dans le monde.
L’auteur explique que des journalistes se sont penchés sur sa vie comme l’essayiste britannique David Macey qui a publié une biographie fort bien documentée en 2000, traduite en français en 2011, sous le titre Frantz Fanon, une vie : David Macey s’est évertué à être le plus factuel et le plus complet possible en analysant les idées anticoloniales de Fanon à l’aune de sa place dans l’Histoire des colonies. Puis, en 2024, un journaliste new-yorkais, Adam Shatz, a proposé une biographie, traduite en français en 2025 sous le titre Frantz Fanon, une vie en révolutions. Lebdai rappelle aussi la biographie qu’a signé Irene L. Gendzier en 1973 tout en déplorant qu’elle est souvent inexacte, comme le souligne Josie Fanon. Diverses études et analyses minimisent l’impact de l’Algérie sur la vie de Fanon et vice-versa, fait remarquer Benaouda Lebdai. «Même si l’Algérie est présente, car il ne peut en être autrement, il y a une sorte d’invisibilisation implicite de son pays d’adoption. De fait, ce qui est souligné c’est son africanité et son tiers-mondisme comme le résume cette citation», ajoute l’auteur. C’est en effet cette absence de l’importante interaction entre Fanon et l’Algérie qui a suscité ces questionnements qui sont à l’origine du livre en question.
Benaouda Lebdai écrit que cette omission voulue ou relevant de la simple négligence, lui a semblé injuste, non seulement vis-à-vis de l’Algérie, mais surtout vis-à-vis de Frantz Fanon lui-même. «C’est dans ce sens que Frantz Fanon Algérien : un choix annonce, dès le titre, mon intention de démontrer l’impossibilité de dissocier Fanon et l’Algérie et l’Algérie de Fanon. Il s’agit pour moi d’établir le lien étroit qui unit l’homme à son pays d’adoption, avec équité, justice et sans chauvinisme», explique Benaouda Lebdai. Ce dernier précise que son approche n’est pas d’apporter des éléments inédits quant au déroulé de sa vie, mais de rétablir le lien étroit de la philosophie fanonienne avec l’Algérie.
L’apport de Lebdai repose sur sa volonté d’inclure les références algériennes en rapport avec Fanon, et de mettre en lumière la manière dont l’Algérie et Frantz Fanon se sont nourris l’un l’autre. Amputer Frantz Fanon de sa matrice algérienne nuit à toute analyse objective de son œuvre et de ce qu’il a voulu devenir.
Dans son livre, Lebdai rebondit sur les raisons et les conséquences de la décision prise par Fanon d’être algérien. «Mon approche ne relève pas d’une volonté de territorialiser à tout prix le penseur et le théoricien qu’il fut, mais de souligner que sans la révolution algérienne, sans l’Algérie en lutte contre le système colonial, Frantz Fanon ne serait pas allé jusqu’au bout de ses engagements idéologiques et politiques et de la théorisation de sa pensée anticoloniale», enchaîne Benaouda Lebdai.
L’autre objectif assigné à ce livre est de revenir sur l’apport du militant Fanon à la révolution algérienne. «Cette réalité politico-géographique minimisée mérite d’être mise à nue, non pour discréditer les divers travaux entrepris, mais pour rétablir un équilibre fécond», est-il ajouté.
L’auteur insiste sur le fait que son livre vise d’abord et avant tout de démontrer précisément l’appartenance algérienne «du prodige politique» que fut ce personnage attachant et hors-normes.
Le livre reprend le cheminement de la psychologie, de l’engagement et du parcours d’un Martiniquais d’une exceptionnelle stature tout en réaffirmant la valeur et les conséquences de son chemin de vie et de sa décision de s’engager auprès du peuple algérien pour l’indépendance de son pays d’adoption, comme d’autres pieds-noirs, français ou américains l’ont fait, à l’instar de la famille Chaulet, de Jean Sénac, d’Annie Steiner, de Maurice Audin, de Fernand Iveton, d’Anna Greki ou d’Elaine Mokhtefi pour ne citer que quelques-uns à ce stade. Ce livre se veut un hommage à l’engagement de Fanon vis-à-vis de son pays où son épouse Josie Nadia Fanon a vécu jusqu’à son décès, où son fils Olivier Fanon et son petit-fils Cédric Fanon résident toujours, une preuve de l’attachement familial à un pays qui est le leur comme Cédric Fanon le confirme : «Je me sens bien en Algérie, j’aime l’Algérie, j’ai la nationalité algérienne, c’est comme rendre en hommage à mon grand-père».
Le livre de Benaouda Lebdai «véhicule un éclairage proche de la réalité sur le parcours d’un homme visionnaire, d’une grande subtilité, et d’un dépassement de soi unique».
L’auteur rappelle en outre que Frantz Fanon est présent dans le paysage urbain, comme à Alger avec le magnifique boulevard Frantz Fanon qui a une vue plongeante sur la mer Méditerranée, le grand lycée Frantz Fanon de jeunes filles à Bab El Oued, tandis qu’à Blida, l’hôpital Blida-Joinville porte aujourd’hui son nom ainsi que l’hôpital de Béjaïa.
À Blida, un nouveau cimetière porte le nom de Frantz Fanon. «Fanon repose, à sa demande, en terre algérienne, à Aïn El-Karma et son épouse Josie Fanon repose au grand cimetière algérois d’El Kettar», est-il également rappelé. Concernant la décision d’écrire cette biographie, l’écrivain souligne qu’elle fait suite à son long compagnonnage idéologique avec Frantz Fanon, durant des décennies, en rapport avec l’ensemble de ses travaux scientifiques universitaires, de ses ouvrages, de mes chroniques littéraires et de ses enseignements dans de multiples universités à Alger, à Angers et au Mans en France et à Farmington aux États-Unis.
Le livre se décline en quatre parties et offre une vision des plus exhaustives sur la vie de Frantz Fanon mise en relation avec l’Algérie et les Algériens.
Les quatre chapitres sont : «Blida-Joinville : nouvelles perspectives», «L’engagement pour l’Algérie», «Une voix algérienne en Afrique sub-saharienne et aux Antilles» et «Frantz Fanon : une source d’inspiration». Il y a lieu de préciser que c’est la première fois qu’un auteur algérien réalise une biographie sur Frantz Fanon.
Pour Benaouda Lebdai, la vie de Frantz Fanon est à connaitre, à découvrir, à admirer et à s’en inspirer.
Je ne parlerais pas d'hypocrisie mais plutôt de "mes-makak", ce qui est pire que l'hypocrisie.
Lire la suiteÉvidemment cette culture ne peut subsister qu'au fin fond des bois....
Lire la suiteEn tout cas, tous ne finiront pas éboueurs, livreurs-Easy ou vigiles, voilà tout ! Lire la suite
Il parait que ..."les enfants de Bagayoko auront fait (tous , on suppose) Polytechnique ou Nor Lire la suite
...des "enfants polygamiques" que des "enfants papilloniques" ! Lire la suite
"....Les enfants de Bally Bagayoko gouverneront cette nouvelle France en 2060 !...." Bref ,un asp Lire la suite
...a nié que les Gaulois étaient le peuple premier de France ? Lire la suite
Dernière ligne de l'article :..."les Français n'ont fait que revenir à leurs ancêtres, leurs VRAI Lire la suite
Il faut savoir rester objectifs et ne pas amalgamer les choses.
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Cette population pose problème partout:
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