Martinique ou l'art de se faire peur pour trois fois rien

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       Le catastrophisme est à l'honneur ces temps-ci dans l'île aux fleurs fanées.

       Oh, ce n'est pas la montagne Pelée qui a grossi de huit centimètres ou qui en est à son cent-douzième séisme hebdomaire ni Donald Trumpepstein qui s'est décidé à récupérer la dette de la Dexième Guerre Mondiale contractée par la France (De Gaulle avait promis de donner la Martinique et la Guadeloupe aux Etats-Unis en échange) ni à cause des crimes en série par arme à feu (et non à coups de coutelas comme en temps-longtemps). Ni non plus à cause de l'effroyable sécheresse causée, nous explique-t-on, par les caprices de cet enfoiré d'El Nino. 

       Nos Facebookiens, Instagrameurs et autres Tik-Tokiens qui, à l'époque du covid, s'étaient miraculeusement transformés en épidémiologistes, infectiologues et microbiologistes, sont maintenant devenus des experts en économie qu'on dirait tout droit sortis de la London School of Economics. Tous parlent de "la dette", du "déficit" ou du "trou" d'1 milliard d'euros constatés par la Chambre Régionale des Comptes dans les finances de la CTM. Ce faisant ces "grangrek" autoproclamés confondent "DEFICIT PUBLIC" et "DETTE PUBLIQUE". Or, cela permet simplement de comprendre que cette collectivité n'est pas en déficit (son compte administratif est exédentaire !) mais qu'elle est lourdement endettée, ce qui n'est pas du tout pareil. Endettée à hauteur d'1 milliard d'euros qu'elle mettra 25 à rembourser ! 

        Expliquons plus clairement les choses : 

        "Le déficit public est la situation dans laquelle les dépenses des administrations publiques dépassent leurs recettes sur une année.

        La dette publique est l'ensemble des emprunts financiers contractés par les administrations publiques (l'État, les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale) qui n'ont pas encore été remboursés." 

        Donc, les addicts des réseaux sociaux, arrêtez de raconter n'importe quoi ! 

        On imagine tout à fait qu'il est difficile de faire comprendre à Ti-Sonson la différence entre "déficit public" et "dette publique", mais arrêtez d'en rajouter et de mettre de l'huile sur le feu en utilisant des affirmations complètement fausses ! Certes, le PPM porte une lourde responsabilité s'agissant de cette dette publique mais il est tout à fait malhonnête de dire que cette dernière a commencé à partir du moment où le parti césairiste a pris le pouvoir à la CTM. 

         La vérité est que cette dette publique a commencé en 1946 et qu'elle n'a fait qu'augmenter d'année en année depuis lors. Selon le parti au pouvoir à l'ex-Conseil général et l'ex-Conseil régional, puis à la CTM, cette dette a pu varier, être moindre à telle ou telle époque ou plus grande à telle autre époque mais elle a toujours existé ! Que ce soit sous la Droite sous les Autonomistes ou sous les Indépendantistes, notre dette publique n'a jamais significativement diminué. Au contraire, elle n'a fait que s'amplifier jusqu'au triste constat actuel. Que la Droite et les Indépendantistes essaient aujourd'hui de se défaussser sur les Autonomistes est de bonne guerre (les prochaines territoriales approchent !) mais n'est pas sérieux. 

        On pourrait nous rétorquer "OK ! Nous avons compris le distinguo entre déficit public et dette publique mais puisqu'on mettra 25 ans à rembourser cette dernière, cela ne signifie-t-il pas que la CTM ne pourra plus guère subventionner aucune structure ni contribuer a développement économique ? Hélas, la réponse est OUI...mais ! Mais nous devons toutefois garder deux choses importantes à l'esprit :  

 

        . nous sommes en système capitaliste et le rôle des politiques n'est pas de "développer" une région ou un pays mais de créer les conditions favorables à l'installation d'entreprises. D'attirer de investisseurs ! 

 

         . la moitié ou presque du budget de la CTM est consacré au RSA et à d'autres aides sociales, l'autre moitié aux subventions aux communes, associations, clubs sportifs etc... 

 

        On se rend compte alors que le problème de la Martinique est autrement plus grave que celui de la dette publique de la CTM. Pourquoi ? Parce de un, les investisseurs ne se bousculent pas au portillon ; de deux, la CTM n'a ni le pouvoir ni les moyens d'impulser un modèle économique qui permette de nous sortir progressivement de celui, mortifère, dans lequel la Martinique est engagée depuis 1946. 

        Système mortifère puisque nous importons chaque année pour 3,4 milliards de marchandises et n'en exportons que pour 430 millions !!! Ces deux chiffres, pour le moins terrifiants, n'intéressent aucunement nos internautes. Peut-être même qu'ils ne sont pas au courant...

        Sinon pourquoi paniquer ? Ce n'est pas la CTM qui paie en chaque fin de mois les enseignants, les policiers, les infirmiers et médecins hospitaliers, les greffiers et magistrats, le personnel des différentes administrations, les douaniers, les retraités etc...Nous ne sommes pas "un pays", on n'est pas la Barbade ou l'île Maurice ! Nous sommes une région d'un ensemble considérablement plus vaste et plus riche appelé "Manman la France" et donc, chers Facebookiens-Instagrammeurs-TikTokiens, nous avons droit à la..."solidarité nationale".

        Cessons donc de faire paniquer inutilement les gens !

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