Le rapport du martiniquais à la presse hexagonale relève tout à la fois d’un principe de réalité, tirage et audience, et, sans verser dans l’argument convenu de la « colonialité », de l’effet prestige. La presse écrite et audiovisuelle hexagonale, tout au moins celle dite de référence, à grand tirage ou à forte audience est pourvoyeuse, au niveau symbolique, d’un surplus de sens, de valeur - le « pouvoir symbolique » tel que défini par P. BOURDIEU. C’est ce constat qui justifie notre interpellation : s’il est bien vrai que vous avez, comme toute presse, une responsabilité vis-à-vis de vos lecteurs, celle-ci ne doit-t-elle pas être plus vigilante lorsque certains subissent, comme c’est actuellement le cas depuis plus de deux mois en Martinique, une crise sécuritaire majeure ? Et ne sommes-nous pas en droit d’exiger une information plus respectueuse des faits ? Autrement dit, qui fasse la part des choses entre, d’une part, la petite minorité qui vandalise, brule, pille et rackette tout en se proclamant pacifiste en lutte contre la cherté de la vie, d’autre part, la majorité qui condamne, les nombreuses victimes et les conséquences, sociales, économiques et écologiques. Permettez-moi, en prolongement de cette interrogation un petit exposé de faits, vérifiables sur le terrain, suivi de trois liens illustrant la réalité de l’urgence sécuritaire aujourd’hui dans notre territoire.
1. Exposé de faits (3)
1.1 La première observation est que la pauvreté et la précarité créent des frustrations, des ressentiments et donc de fortes tensions sociales ; mais les tensions sociales même fortes ne peuvent être assimilées à une crise sociale, autrement la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion seraient au même niveau de troubles que nous. On a fabriqué en définitive une crise sociale. « On se bat, disent-ils, parce que l’Etat français veut nous affamer avec la complicité des élus et des syndicats ». Cet arguments -slogan résume les trois procédures de fabrication de crise (v. Didier HEIDERICH et Natalie MAROUN) : a/ la première, l’hypertrophie de l’événement, « on meurt de faim en Martinique », b/ la deuxième, la mobilisation de l’émotion par une rhétorique de la victimisation et de l’intention génocidaire « c’est l’Etat français colonialiste et raciste qui nous affame avec la complicité des élus et des syndicats » c/ la troisième procédure, les mesures d’urgence : « l’alignement de prix de tout l’alimentaire avec ceux de l’hexagone » que seule notre association avec ses méthodes est en mesure d’obtenir ». Cette polarisation de l’attention et du débat sur une mise en scène de « crise sociale » servait, au final, à masquer quelque chose, dans le contexte dégradé actuel, de beaucoup plus inquiétant par son impact et sa prégnance : le danger sécuritaire.
1.2 La deuxième observation est que les réseaux sociaux et les médias d’ici et de l’hexagone ont beaucoup œuvré à la fabrique du « messie », de celui qui mettrait fin à l’injustice. Les administrations locales et d’Etat ont validé en faisant d’un individu interlope, consacré par les réseaux sociaux et certains médias, un interlocuteur privilégié. Ils ont ainsi participé à la fabrication d’une illusion, d’une fiction de représentativité.
1.3 La troisième observation est qu’il y a urgence sécuritaire parce que la vraie crise est sécuritaire et met en danger l’état de droit, l’économie et l’environnement. Les causes sont sociales, éducatives et géostratégiques. L’enjeu c’est la capacité ou non de rétablir l’autorité de l’Etat et du politique face à cette tentative d’imposer le modèle de la rue. Si cette autorité n’est pas rétablie au plus tôt, alors les martiniquais, toutes classes sociales confondues, seront de plus en plus nombreux par peur ou/et par intérêt à pactiser avec le diable, considérant que l’Etat est trop faible pour les protéger et/ou préserver leurs intérêts.
2. Liens illustrant la réalité de l’urgence sécuritaire
Intrusion à la résidence préfectorale : ce que disent les vidéo (RCI web, 18/11/2024)
Le point de vue du principal mis en cause
Conférence de Presse du RPPRAC accompagné d’un de leur avocat
Marie Laurence DELOR
NB Cette lettre ouverte a été transmise à la presse écrite de référence :Libération, Le monde,le Figaro
C'est ce que suggère la comparaison absolument abjecte de Albè (voir commentaire précédent intitu Lire la suite
Tu ne sauras pas que c'est moi puisque ce sera le hasard.Pour que tu soies sûr que ce soit moi ,i Lire la suite
Mettre SUR LE MEME PLAN ce que Yeg-Yug-Troyag-Jean-Nemar appelle la "négrophobie maghrébine" et l Lire la suite
Je suis au contraire fier de participer en la dénonçant à la lutte contre la négrophobie maghrébi Lire la suite
En quoi le fait que mes arrières-grands-parents aient été transbordés en Amérique abolit -il l'ex Lire la suite
Cet article aurait dû préciser que l'Europe est LE SEUL CONTINENT où n'a été rédigé AUCUN texte s Lire la suite
...ne serait-ce que 10.000 Africains déportés aux Amériques que ça aurait été monstrueux, espèce Lire la suite
Les "100 millIons de Noirs qui vivent aujourd'hui dans les Amériques" n'y ont pas été "emmen Lire la suite
La Thailande est connue pour l'ampleur du tourisme sexuel qui s'y déroule et ce depuis des décenn Lire la suite
...vivent aujourd'hui dans les trois Amériques, ils y ont été emmenés par QUI et surtout POUR QUO Lire la suite