« Il n’y a plus personne pour travailler » : les entreprises américaines paient le prix de la politique migratoire de Trump

Près de 51 000 arrestations de migrants ont été recensées en août aux États-Unis, un record depuis le début du durcissement de la politique migratoire américaine. Si l'administration Trump brandit cette statistique comme le signe du succès de sa politique, certains patrons d'entreprises alertent sur ses conséquences, explique El Pais.

À Baltimore, Carlos Raba dirige depuis onze ans le restaurant Clavel, où travaillent une cinquantaine d'employés de différentes nationalités. « J'ai déjà perdu plusieurs employés. Il n'y a plus personne pour travailler », raconte-t-il. Sa sous-chef, originaire du Honduras, s'est « auto-expulsée » il y a sept mois après sept années dans son entreprise. Un départ forcé à cause de la fin du statut de protection temporaire (TPS) accordé à son pays, qui a rendu son permis de travail caduc. La jeune femme était alors exposée à une arrestation par les services de l'immigration (ICE). Cette dernière a quitté le pays avec ses deux enfants, nés aux États-Unis.

Des chantiers retardés de huit à douze mois

Au Texas, 36 % des restaurants ont perdu des employés et 26 % ont vu leur fréquentation baisser depuis le début de l'année, selon un rapport de la Texas Restaurant Association. La restauration n'est pas le seul secteur concerné. Selon Rebecca Shi, directrice de l'Association of Immigrant Entrepreneurs, le départ massif des travailleurs haïtiens touche en particulier les maisons de retraite qui manquent de personnel. La fin du TPS pour Haiti cet été a privé près de 350 000 personnes de protection explique le quotidien espagnol.

Dans la construction, où les immigrés représentent jusqu'à 70 % de la main-d'œuvre dans certaines régions du Texas et de Floride, les opérations de l'ICE ont retardé des chantiers de huit à douze mois. Dans l’hôtellerie, certains hôtels auraient dû fermer des chambres faute de personnel.

Les opposants à la politique migratoire de Donald Trump parlent désormais d’« ICE tax » pour désigner le coût économique des arrestations et expulsions.

« Il n’y a plus personne pour travailler » : les entreprises américaines paient le prix de la politique migratoire de Trump© Kaylee Greenlee

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