Les Antillais favorables à la langue créole mais non-spécialistes de cette dernière sont persuadés que sa déperdition est principalement lexicale ou liée au vocabulaire si l'on préfère.
D'abord, ce n'est pas parce qu'une langue vous est maternelle ou co-maternelle (si vous êtes bilingue ou diglotte de naissance) que cela fait automatiquement de vous un spécialiste de celle-ci. D'ailleurs, dans les langues de tradition écrite depuis des siècles (grec, hindi, arabe, russe, français etc.), le locuteur moyen ne s'estime pas du tout compétent pour émettre des jugements sur sa propre langue. Il laisse cette tâche aux grammairiens, aux dictionnaristes et aux académiciens. Par contre, dans les langues dominées, sans tradition écrite ni institutions de normalisation, ce qui est le cas du créole, le premier quidam venu vous expliquera, savamment croit-il, que tel mot créole provient du caraïbe, de l'africain ou du français. Ce qui ne veut rien dire parce qu'aucune de ces trois supposées langues n'existaient au moment où est né le créole (en à peine 50 ans entre 1625 et 1675/80).
D'abord, les "Caraïbes" parlaient au moins deux langues : l'arawak et le caraïbe. Ensuite, au 17è siècle, le français n'existait pas encore en-dehors de la région parisienne et d'ailleurs, c'est l'année même, 1635, au cours de laquelle les Français s'emparèrent de la Martinique, que le cardinal Richelieu créa l'Académie française avec deux missions : forger une orthographe et rédiger un dictionnaire. Enfin, l'africain n'existe pas, n'est pas une langue. Il existe des centaines de langues en Afrique et celles qui ont contribué à la naissance du créole sont issues de l'actuel Bénin et du Togo voisin : l'éwé, le fon, le peulh etc...
Sinon, bien davantage que le lexique c'est la rhétorique du créole qui est en danger autrement dit sa façon d'exprimer le monde à l'aide d'expressions idiomatiques. Et pour ce faire, il n'a aucunement besoin de mots "authentiques", "natif-natel", "caraïbes" ou "africains" comme trop de défenseurs de la langue le croient. Par exemple, une phrase comme :
Man fè'y pwan lanmè sèvi gran savann = je l'ai fait déguerpir
ne comporte que des mots d'origine française et pourtant elle est totalement incompréhensible pour un francophone. Il pourra toujours consulter un dictionnaire du créole mais n'aboutira qu'à la traduction littérale suivante, elle aussi incompréhensible :
Je lui ai fait prendre la mer pour grande savane.
Défendre le créole revient donc à défendre d'abord et avant tout sa rhétorique. Par exemple, on entend le plus souvent de la bouche des locuteurs d'aujourd'hui la phrase :
Kalmé kò'w titak ! = calme-toi un peu !
Or, il s'agit d'un calque du français. Ce qui convient c'est :
Bésé vapè'w titak ! (lit. "Baisse un peu ta vapeur !").
...si moun ki ka défann kréyol ka rivé sanblé kisiswa koté-a yo ka viv la. Lire la suite
Je propose pour "dormir sur ses deux oreilles" :anlo moun pé domi san traka" ou bien "pé domi an Lire la suite
Je trouve ton message important et valable pour nous tous, Martiniquais, pour que la langue perdu Lire la suite
Je pense qu'il y a suffisamment d'écrits, de dictionnaires,de réflexions et de textes notamment Lire la suite
Annou fè yonn, quelles tournures proposes-tu?
Lire la suite...et surtout A PROPOS DE N'IMPORTE QUOI revient à salir ! Lire la suite
Critiquer une personne ou une religion n'est pas la "salir".
Lire la suiteLOOOL ! Lire la suite
Je n'ai pas "jeté la pierre" (donc critiqué violemment) à Jid. Lire la suite
...l'argot franchouillard ! Lire la suite