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*[Cette étude paraîtra également dans un prochain numéro des Cahiers lorrains de la SHAL / Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine.]
Introduction
C'est à l'Alliance française de Nagoya, lors d'une mission de recherche au Japon en juin 2025 sur les contes créoles de Lafcadio Hearn et les romans de Joseph Zobel, que j'ai appris par Hiroshi Matsué, le traducteur japonais de plusieurs œuvres antillaises, qu'il avait aussi traduit des contes créoles réunis en Guadeloupe dans les années 1930 par une certaine « Madame Schont », originaire comme moi de Moselle-Est. J'ai été sidéré qu'il m'ait fallu courir aux antipodes pour découvrir l'existence de ce recueil, alors que, installé en Martinique, je travaille depuis douze ans sur la littérature antillaise. En apprendre davantage a été plus facile, car l'internet m'a permis de découvrir l'article si informatif de Lucien Dourson sur « Le destin singulier du couple Schont collecteur de mémoire de la Guadeloupe », publié en 2020 dans La Revue du Pays de Bitche, grâce à sa mise en ligne sur un site québécois[i].
Natif de Creutzwald en Moselle-Est et finissant aux Antilles une carrière sinueuse d'enseignant en langues puis en littérature américaine et comparée, il se trouve aussi que j'ai participé récemment à Strasbourg à un congrès consacré au thème « Littératures africaines, transferts et appropriations culturelles »[ii]. C'est manifestement sous l'influence des notions débattues durant ces trois jours, que j'ai choisi d'aborder la présente étude du recueil de contes créoles, réunis de façon si improbable en Guadeloupe par une Lorraine agrégée d'allemand, et publié en 1935 dans le contexte très particulier – et, il faut bien dire, colonialiste en diable – des célébrations du « Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France » que d'aucuns, comme Christelle Lozère, historienne de l'art à l'Université des Antilles, caractérisent comme « le triomphe de l’assimilation »[iii].
J'aborderai la question épineuse de l'appropriation culturelle, soulevée par la politique d'assimilation française des années 1930 aux Antilles, en troisième partie de la présente étude, après l'exploration du contexte de publication du recueil et l'évocation d'éléments de sa réception, notamment universitaire.
LE CONTEXTE DE LA PUBLICATION DU RECUEIL EN 1935
La page de couverture du recueil intitulé Quelques contes créoles recueillis par Madame Schont[iv] comporte des informations inhabituelles pour une publication de ce type, reprises intégralement en page de titre, et présentées de la manière suivante dans la notice du catalogue Sudoc :
[Illustration 2 : Notice dans le catalogue du Sudoc]
Notons que si le prénom (Marie-Anne) de la compilatrice (Madame Schont) n'est pas mentionné dans la publication, la première de couverture et la page de titre précisent sa qualité : « Professeur agrégé au Lycée Carnot », comme elles précisent celle du préfacier (M. Charles Moynac) : Ancien proviseur du Lycée de Pointe-à-Pitre (lycée créé en 1883 et nommé Carnot en 1895). Si Charles Moynac rend hommage au travail de la compilatrice vers la fin de sa note au lecteur, le paratexte du recueil n'offre aucune autre information sur l'identité, la spécialité d'enseignement, les motivations de Madame Schont, ou sur les conditions de son collectage des contes.
C'est là que l'article de Lucien Dourson sur le couple Schont apporte des détails précieux, et je vais être amené à en citer plusieurs. A commencer, bien sûr, par ses origines mosellanes dans la période de l'annexion allemande et le contexte d'un « Bitcherland » où se manifestent des défenseurs du régionalisme mosellan qui recueillent « légendes, contes et chansons traditionnelles » en allemand et en dialecte. Puis le rôle de Metz, où Julien Schont et Marie-Anne Kiffer étudient, enseignent et se marient en 1924, dans une Alsace-Moselle redevenue française après l'annexion allemande.
[Illustration 3 : École Normale d'Instituteurs de Metz ]
[Illustration 4 : Le couple Schont vers 1924]
L'article de Lucien Dourson m'a appris aussi qu'un compte-rendu de la Société d'Histoire et d'Archéologie, paru dans Les Cahiers Lorrains de 1925, mentionnne que « Julien Schont, censeur au lycée Fabert, a été promu officier d'Académie », et qu'en 1931 il était agrégé d'allemand, comme sa femme l'avait été dès 1923. Lucien Dourson souligne très justement le fait que le couple Schont était habitué « à passer d'une langue à l'autre et à observer les différences de comportement d'une culture à l'autre ». Facteur qui a certainement joué dans leur choix vers 1930, de « donner une impulsion nouvelle à leur carrière professionnelle » en décidant de partir en Guadeloupe où Julien Schont s'est vu proposer la direction de l'Instruction Publique.
Or les Schont arrivent sur place peu avant la préparation des fêtes de commémoration, en 1935, du Tricentenaire du Rattachement de la Guadeloupe à la France, préparation qui consiste en « un vaste plan de reconstruction pour effacer les ravages du cyclone [de 1928] » et de mobilisation de « toutes les énergies pour offrir à la France et à l'Etranger un visage positif de l'île ». Dans ce contexte culturel contraint, les époux Schont participaient tout deux, en tant qu'employés de l'instruction publique, à l'administration coloniale française de l'île, Mme Schont en tant qu'enseignante de français au Lycée Carnot, et M. Schont dans sa capacité de directeur de l'Instruction Publique, dont les bureaux étaient alors situés dans le même Lycée[v]. Mais il convient sans doute de distinguer entre les contributions respectives des membres du couple dans cette période de commémoration nationale. De celle de Julien Schont, Lucien Dourson dit ceci :
Face à cet élan créateur il aurait été inconvenant que les représentants de la Culture et de l'Education ne contribuent également à la valorisation de l'apport de la République Française aux Antilles. M. Schont n'y échappe pas de par ses fonctions. Mais au-delà d'un rôle de fonctionnaire il comprend l'enjeu culturel et social. D'ailleurs l'Alsace-Moselle n'a-t-elle pas connu sous d'autres latitudes et circonstances cette dispute au sujet de son héritage culturel et linguistique ? Dans un premier temps il se tourne vers le passé et n'hésite pas à stimuler l'exploitation des riches manuscrits déposés aux Archives de la Guadeloupe. Sa détermination permettra à une équipe motivée de réaliser un précieux document sur l'Instruction de la Guadeloupe de 1635 à 1848.
Les phrases que j'ai mises en italiques dans la citation ci-dessus méritent certainement clarification et discussion. Car si la domination du français officiel sur le créole vernaculaire en Guadeloupe est comparable à celle du français ou de l'allemand – selon les périodes – sur le dialecte germanique (ou « francique ») parlé en Moselle-Est, il n'était guère question pour Julien Schont de tenir compte de la pratique du créole dans ses tâches d'administrateur des écoles. Il a certainement été impliqué aussi dans la création en 1931, d'un premier lycée de taille réduite à Basse-Terre, qui, en 1933, prend le nom de l’homme politique guadeloupéen Gaston Gerville-Réache (1854-1908). Ce dernier avait été député de la Guadeloupe en 1881, devenant le premier député métis de l'Assemblée nationale. Par contre, le travail que son épouse a entrepris parallèlement – et on suppose bénévolement, par curiosité personnelle – à ses activités d'enseignante au lycée, de recueillir des contes créoles, était d'une toute autre nature.
[Illustration 5 : Entrée du Lycée Carnot de Pointe-à-Pitre vers 1910 ]
En effet, elle s'est plongée dans l'étude de la coutume locale des « Veillées guadeloupéennes », formule d'ailleurs offerte en page de faux-titre du recueil, plutôt que celle abrégée du titre, usuelle dans l'édition, qui aurait été « Contes créoles ». Comme on peut supposer qu'elle n'avait aucune connaissance préalable de cette langue, et au vu de la qualité des textes qu'elle a rédigé en français, il est manifeste que l'investissement en écoute, traduction et transcription a dû être considérable. Et il est regrettable que rien n'ait été publié (dans un avant-propos au recueil, par exemple) sur les conditions de ce travail, dont on ne sait s'il a été décrit dans des correspondances ou si de telles lettres, de cette période, sont encore conservées dans les archives disponibles.
A défaut de telles précisions sur le travail de la compilatrice, le paratexte du recueil offre des informations très claires sur le contexte de sa publication. Dès la première de couverture, le lecteur apprend que l'éditeur n'est rien moins que « Le Gouvernement de Guadeloupe et Dépendances », et que le recueil est « publié à l'occasion du Tricentenaire des Antilles / 1935 ». Le caractère officiel de la publication est souligné encore davantage par la page entière, après celle du titre, dans laquelle est mentionné le « Haut Patronage » de trois figures politiques – un sénateur et deux députés – ainsi que « la direction » de « M. L.J. Bouge / Gouverneur de la Guadeloupe et Dépendances ». Or l'ensemble des manifestations patronées pour ce Tricentenaire, évoquées notamment par un court-métrage sur la croisière officielle luxueuse[vi], organisée à cette occasion – diffusé en avant-film dans les cinémas Gaumont en France, a été décrit ainsi dans la conclusion de l'article de Christelle Lozère, déjà cité :
...déconnectée des réalités, la diffusion de cette imaginaire paradisiaque, qualifiée plus tard de « doudouiste », à l’échelle internationale, masquera encore plus fortement les inégalités sociales insulaires souvent violentes et discriminantes (la marche de la faim, 11 février 1935). Diffusant une historiographie impériale, le Tricentenaire du rattachement des Antilles à la France sera perçu, par le choix de ses allégories, la sélection de ses héros et de ses élites, comme le triomphe de la politique assimilationniste et du colonialisme.
[Illustration 6 : Défilé lors du Tricentenaire en Guadeloupe ]
[Illustration 7 : Publication officielle du Tricentenaire en Guadeloupe ]
Il conviendra donc de s'interroger sur la conformité du recueil avec l'image que la France officielle voulait donner dans les manifestations fastueuses organisées pour ce Tricentenaire, un an seulement avant que le Front populaire ne vienne sérieusement bousculer la scène politique de la Quatrième République. Or, comme le souligne Lucien Dourson :
Au moment du Front Populaire, la Guadeloupe n'échappe pas aux turbulences politiques et sociales de la Métropole. M. Félix Eboué remplace M. Bouge comme Gouverneur de l'île. Les Schont, tout à leurs responsabilités éducatives, n'oublient pas leurs familles [...]. En parfaits connaisseurs de l'Allemagne ils s'attendent au pire, notamment à un conflit frontalier. Grâce à leur fonction et à leur cercle de connaissances ils savent dès 1936 que la Moselle sera évacuée dans le Sud-Ouest. Aussi achètent-ils en juillet 1937 le beau domaine charentais de Champrose [...]. À la rentrée 1938 les Schont sont mutés à Chambéry, l'un en tant que proviseur du lycée Vaugelas, l'autre comme professeur au lycée de Jeunes Filles.
Selon ces indications, il est probable qu'avant de quitter la Guadeloupe pour retourner en métropole, les Schont auront eu l'occasion de rencontrer le nouveau gouverneur Félix Eboué, dont il est dit qu'il avait été élevé au rang de gouverneur et nommé en Guadeloupe en 1936, en tant que premier noir à accéder à un tel grade. En Guadeloupe, il est réputé avoir mis en pratique son esprit de conciliation dans un contexte social trouble. Peut-être les Schont – avant de reprendre le bateau – auront-ils encore assisté à la remise solennelle des prix le 1er juillet 1937 au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre, où Félix Eboué avait adressé à la jeunesse d'outre-mer son célèbre discours « Jouer le jeu » dont voici quelques extraits :
Jouer le jeu, c'est être désintéressé.
Jouer le jeu, c'est piétiner les préjugés, tous les préjugés et apprendre à baser l'échelle des valeurs sur les critères de l'esprit.
Jouer le jeu, c'est mépriser les intrigues et les cabales, ne jamais abdiquer, malgré les clameurs ou menaces, c'est poursuivre la route droite qu'on s'est tracée.
Jouer le jeu, c'est savoir tirer son chapeau devant les authentiques valeurs qui s'imposent et faire un pied-de-nez aux pédants et aux attardés.
Jouer le jeu, c'est aimer les hommes, tous les hommes et se dire qu'ils sont tous bâtis sur une commune mesure humaine qui est faite de qualités et de défauts.
Jouer le jeu, c'est mériter notre libération et signifier la sainteté, la pureté de notre esprit…
[Illustration 8 : Arrivée de Félix Eboué en Guadeloupe en compagnie du Gouverneur Bouge, 1936 ]
QUELQUES FACETTES DE LA RÉCEPTION DU RECUEIL
La note au lecteur dans le recueil-même
Les premier éléments de la réception des contes sont inclus dans le recueil-même, puisqu'il contient d'entrée une note au lecteur de trois pages, dans laquelle M. Charles Moynac, ancien proviseur du lycée de Pointe-à-Pitre, fait divers commentaires sur le travail de Mme Schont, qu'il décrit ainsi :
Madame Schont a recueilli ces divers récits de la bouche même des conteurs. Avec une conscience et une patience admirables, elle leur a conservé, par le souci de l'exactitude, par la minutie du détail, toute la saveur dit terroir que la traduction aurait pu leur enlever. Tels qu'ils sont, ils forment de charmantes pièces d'anthologie : résultat d'un travail où l'art se dissimule à force de simplicité, et qui, en tout état de cause, méritait d'être fait.
Sur Charles Moynac, un article de Clara Palmiste, historienne à l'Université de Guyane, précise qu'il a été directeur des cours secondaires de jeunes filles de Pointe-à-Pitre jusqu’en 1910 et maître franc-maçon de la loge La Paix. Bien qu'il avait œuvré pour que les jeunes filles guadeloupéennes reçoivent un enseignement primaire secondaire, les socialistes le considèraient comme un réactionnaire, l’accusant d’avoir retardé la laïcisation de l’école communale des filles de Pointe-à-Pitre[vii]. Quant aux commentaires de Moynac sur la nature et les origines des contes, je laisse aux créolistes et folkloristes la tâche de les évaluer en détail, et me contente ici d'exprimer quelques réserves sur certains. À commencer par l'assertion que l'on « serait déçu si on s'attendait à trouver, dans ces récits, des créations originales du génie créole » car « ils ont été empruntés à des sources étrangères : soit au fond inépuisable des légendes orientales, soit aux œuvres médiévales dont le roman de Renart est le prototype ».
Il est communément admis, me semble-t-il, que le répertoire des conteurs antillais s'est développé parallèlement avec la langue créole pendant les siècles de la traite négrière qui a alimenté l'économie de plantation sur les îles avec une population largement noire et esclavisée. On peut donc rester sceptique sur l'assertion que les contes seraient « passés de la source écrite à la tradition orale » et auraient, dans ce processus, « subi les déformations inévitables aux récits qui ne revêtent plus la forme concrète de l'écriture ». En fait, le travail de Marie-Anne Schont et d'autres collecteurs, va produire l'inverse, en figeant par écrit des traductions françaises de performances orales en créole.
D'autres propositions de Moynac posent problème, comme celle de classer les contes en trois genres distincts : « les récits fantastiques, les fables où les animaux représentent les hommes, et les petits romans d'origine plus récente », alors que l'édition est divisée en deux sections : Contes (au nombre de 8) et Fables (au nombre de 13 ; voir la liste en annexe). Ou celle que « la croyance au merveilleux, aux aventures extraordinaires, qui n'ont aucun souci de la vraisemblance, est la marque des contes d'origine orientale dont la plupart remontent à la fable indienne », dont « le fond est invariablement le même ; seules, les circonstances varient ». Le héros de l'histoire triomphera de tous les obstacles : « c'est la vieille morale de nos mélodrames qui veut que, fatalement, au cinquième acte, le vice soit puni et la vertu récompensée [...] : seule consolation de ceux qui, au cours de leur terrestre existence, ont été les victimes des injustices sociales ».
Le paragraphe final de la note de Moynac vaut d'être cité intégralement, puisqu'il parvient à conclure, triomphalement, avec le credo assimilationniste du Tricentenaire, après avoir évoqué pourtant la violence et la « spoliation complète » « d'êtres malheureux » dont il ne « reste rien qui révèle l'origine africaine » :
[Du travail de Mme Schont, consistant à réunir « de charmantes pièces d'anthologie »] se dégage une haute leçon morale : dans cette suite de récits, il n'y a rien qui se rapporte aux traditions ancestrales, rien qui révèle l'origine africaine. Tout a été importé, tout est venu du dehors, si bien que l’on se trouve en présence de groupements humains amenés à la Guadeloupe par la force et par la violence. Ces êtres malheureux n'ont pas été seulement arrachés au sol natal, dépouillés de leurs biens, mais aussi de leurs idées, de leurs traditions, de leur passé. Il ne peut pas y avoir de spoliation plus complète, et cette absence de tradition explique, mieux que toute autre cause, comment les populations Antillaises ont pu s’assimiler, sans réserve et d'une manière totale, notre langue, nos mœurs, notre civilisation.
Or la phrase finale est contredite par le fait même que les contes du recueil ont été traduits du créole, encore parlé, en 1935, par une vaste majorité de la population qui ne maîtrise justement pas le français. Quant à l'affirmation que rien dans ces contes n'en révèle l'origine africaine, elle est fausse – ne serait-ce que parce qu'elle ignore que la syntaxe du créole est plus africaine que française. Par ailleurs, et de façon très inhabituelle dans l'édition, la note au lecteur de Moynac est immédiatement suivie d'une « Note de la direction » de quatre lignes, signée L.J. B. – donc du Gouverneur Bouge – qui se distanciait de la même assertion de Charles Moynac pour des raisons plus thématiques que linguistiques :
Tout en respectant le point de vue développé par l'Auteur de cette préface, il est permis d'avancer qu'une étude comparative des contes guadeloupéens et du folklore africain dégagerait des survivances africaines dans les récits populaires antillais.
Vu la réputation flatteuse que L.J. Bouge a laissé, en raison de ses travaux dans diverses sciences concernant l'Océanie et les Antilles, sa réfutation des assertions de Charles Moynard a un poids certain.
Une réception du recueil limitée
Pour les lecteurs qui ne connaitraient pas les thèmes des contes en question, j'insère ici un bref résumé des points retenus par Lucien Dourson dans son article sur le couple Schont, dans lequel il estime, avec raison, que le recueil « a permis de conserver la mémoire du passé de la Guadeloupe, puisqu'il a été étudié au Canada, en Louisiane, en Afrique, ainsi qu'en France métropolitaine et surtout d'outre-mer ». Cette réception internationale est récente et certainement liée au fait que le recueil a été mis au programme du CAPES de créole en 2011, comme le mentionne Lucien Dourson. Ce qui veut dire que le recueil figure parmi les dizaines de références de la bibliographie pour ce concours spécifique[viii].
Lucien Dourson note également que si les noms Barbe-bleue et Cendrillon ont été importés de France – mais dans des contes adaptés aux coutumes locales – des personnages tels que « Ti-Jean » et « Lapin » sont caractéristiques du patrimoine culturel des Antilles. Petit Jean, fils d'une pauvre femme, était faible et chétif, mais aussi rusé, savant et très courageux : il représente en quelque sorte le héros issu de la déportation des esclaves noirs qui parvient à l'emporter sur son maître blanc mais aussi sur une nature parfois hostile, grâce à des éléments animaux ou minéraux (comme la pierre magique). Si bien qu'il domine le Diable omniprésent dans les récits créoles.
[Illustration 9 : Table des matières du recueil de Madame Schont]
Quant au Lapin, qui apparaît dans dix contes sur vingt-et-un, il ressemble à première vue au Renard de nos Fables, mais il est en réalité le Noir Créole qui ne cesse de se jouer de Zamba, qui incarne la force brute oppressant le petit peuple des Colonies. Dourson mentionne aussi les personnages de Jean Sot, de Petit Chica, de Macaque et de Chien, qui imprégnaient la culture locale. Grâce au travail de Marie-Anne Schont, ils ont pu être étudiés par des spécialistes du monde créole, comme Jean-Pierre Jardel, qui souligne à quel point l'art du conteur repose sur des formules rituelles ou des répétitions ainsi que la fréquence des dialogues[ix].
Dans cet ancien univers créole, apparaissent aussi des sorciers, un diable « déguisé en beau monsieur pour séduire les jeunes filles », un autre qui avale le jour (mythe cosmique indien), une guérisseuse, « une marchande z'affaires », qui « savait préparer à merveille les poudres qui font venir les amoureux ou qui chassent les mauvais esprits » et comment, « avec des fleurs à sonnettes, de l'herbe à fer et du patchouli elle parfumait l'eau pour arroser les maisons ». Dourson souligne aussi combien les contes recueillis par Madame Schont incluent un vocabulaire spécifique de la flore et de la manière de vivre insulaire, qu'ils ont pu goûter pendant leur séjour en Guadeoupe, et dont ils aiment se souvenir pendant les années de guerre :
De septembre 1940 à septembre 1942, les Schont en poste à Chambéry reviennent dans leur propriété [de Charente] au moment des vacances. Si M. Schont se réfugie souvent à l'étage pour lire, son épouse se réjouit de converser en dialecte [de Moselle-Est] avec ses proches et de lire à la jeune Elise des contes de Guadeloupe.
Suite à l'évocation de cette réception – très locale – des Contes créoles dans le milieu des Mosellans évacués en Charente pendant la Seconde guerre mondiale, Dourson ajoute que le recueil de Madame Schont survivra encore dans un temps en Moselle-Est grâce à sa nièce, Elise Kiffer-Erhard, « qui les racontera à ses filles et à ses jeunes élèves de Rahling », dans le Bitcherland, ou Pays de Bitche.
La thèse de Jean-Georges Chali (1990)
Cette thèse de doctorat nouveau régime, intitulée « Les contes créoles dans la zone caraïbe : vers une approche ethno-pédagogique », rédigée sous la direction du professeur Robert Jouany et soutenue devant l'Université Sorbonne Paris IV, était composée de deux volumes substantiels (de 547 p. et de 598 p. pour celui des annexes). Avec ce travail, le doctorant martiniquais Jean-Georges Chali souhaitait oeuvrer pour une reconnaissance du créole à l'école, car son expérience sur le terrain lui a montré « combien l'enfant antillais, en situation de diglossie souffre de l'inadéquation du système pédagogique car victime à l'école de l'antagonisme Français/Créole » (p. 5). Sa recherche est basée sur un corpus de centaines de contes publiés en traduction française en Afrique ou dans les îles et les pays côtiers de la Caraïbe. Sur les 598 pages du second volume, réunissant les photocopies des textes cités dans la thèse, 25 pages concernent 5 contes publiés dans le recueil de Madame Schont (Petit Jean et le Géant, Petit Jean et Petite Marie, Pourqoi nous avons un canal dans le dos, Petit Jean et Monsieur Sans Fâcher, Jean Sot). Dans la thèse proprement dite, ces 5 contes alimentent 14 pages (253-267) dans le sous-chapitre A (Étude de cinq contes tirés du recueil de Madame Schont), de la section II (Morphologie du conte créole), de la Première Partie (Du conte en général au conte créole de la Caraïbe).
[Illustration 10 : Incipit du conte Ti Jean et le Géant]
Dans ces 14 pages consacrées aux contes réunis par Madame Schont, Chali propose surtout une analyse de Petit Jean et le Géant selon les concepts formalistes proposés par Vladimir Propp dans son étude fondatrice Morphologie du conte (parue en traduction française en 1970). Chali estime que le repérage séquenciel des fonctions de Propp n'est pas toujours facile (il liste une séquence de 20 fonctions dans le conte), avant d'évoquer un schéma plus simple proposé par le folkloriste roumain Mihai Pop, qui réduit la « structure morphologique générale du conte créole » en cinq points : Agression – Départ – Stratégie – Offensive – Renouveau. Dans les pages 264 à 267, Chali développe une section 1, intitulée « La tendance organique dans le conte » ( distinguant entre La strate humaine, La strate végétale et La strate animale) et une section 2 intitulée « La tendance matérielle dans le conte » (distinguant entre L'architecture et L'espace), en mentionnant deux autres contes du recueil de Schont.
Chali se contente donc d'une analyse structurale d'un des contes recueillis par Schont (sans évoquer, notamment, les approches narratologiques des récits dont la popularité, stimulée en France par les travaux de Gérard Genette, grandissait depuis les années 1970), ce qui peut s'expliquer par le poids des thèmes dominant les parties II et III de son étude : « Philosophie et théâtralité dans le conte créole. Une vision du monde caribéen », puis « La didactique du conte créole (L'intérêt didactique de l'oralité chez l'enfant) ». En cela, il se rapproche aussi de chercheurs comme Louis Solo Martinel – traducteur de contes créoles inédits, recueillis par Lafcadio Hearn en Martinique entre 1887 et 1889 – pour qui « le conte créole trouve son essence dans l'expression de l'identité culturelle antillaise »[x].
Les Contes créoles dans les travaux de Véronique Corinus
Le recueil de Marie-Anne Schont est cité plusieurs fois dans le livre, paru très récemment, de Véronique Corinus, maîtresse de conférences à l’Université Lumière Lyon 2, Écrire l’oralité créole. Étude du répertoire de Félix Modock (1885-1942), conteur antillais[xi]. Cet ouvrage – consacré à Félix Modock, petit planteur de canne à sucre martiniquais, et rescapé de l’éruption de la Montagne Pelée en 1902, puis des tranchées de la Grande Guerre, puis, de retour au pays, d’une morsure de trigonocéphale qui lui valut d'être amputé d’une jambe en 1923 – est basé sur les 39 contes de Modock qui avaient été recueillis en 1924, lors du séjour en Martinique d'Elsie Clews Parsons. Au cours de deux autres séjours en 1925 et 1927, cette anthropologue et folkloriste américaine (1875-1941) avait visité la plupart des îles francophones et anglophones de la Caraïbe. Sur la base de ses notes et d'enregistrements sonores, elle allait publier en trois volumes, entre 1933 et 1943, un vaste recueil – Folk-Lore of the Antilles, French and English – regroupant des centaines de textes provenant de l’ensemble de l’arc antillais[xii].
Le second volume, publié à New York en 1936 (mais imprimé en Allemagne !), s'ouvrait sur 138 contes recueillis par l'anthropologue en Guadeloupe ou ses dépendances (Les Saintes et Marie-Galante) en 1927. On reconnaît, parmi les titres, bien des personnages évoqués dans les contes recueillis par Marie-Anne Schont vers la même époque. Mais, alors que le recueil de cette dernière ne dit rien de l'identité des conteurs guadeloupéens sollicités, Elsie Clews Parsons a laissé elle suffisamment de traces dans ses notes de bas de page pour permettre à Véronique Corinus de regrouper les trente-neuf textes du conteur martiniquais (dont trente avaient été écrits directement en créole par leur auteur), disséminés dans le volume II de Parsons selon d'autres critères de classement.
À partir de ce corpus spécifique, Véronique Corinus s'intéresse notamment aux origines du répertoire des contes et à la question complexe de l'authenticité de leurs sources. Ainsi le recueil d'Elsie Clews Parsons, disciple de l'anthropologue Franz Boas, est-il bien plus « scientifique » dans sa composition, que des recueils comme celui de Lafcadio Hearn ou de Marie-Anne Schont, qui sont des érudits étrangers, non rompus aux techniques de collectage. Très souvent, les recueils sont repris d'autres sources ou plagiés. Véronique Corinus cite le préfacier du recueil de Marie-Anne Schont qui souligne son travail sur le terrain, de la bouche même des conteurs, mais ajoute : « comment en être certain, puisqu'elle a omis de publier la version créole ? »[xiii]. Selon Véronique Corinus, il faut attendre les années 1980 pour voir paraître des recueils élaborés avec plus de rigueur scientifique.
Plus loin, dans une section intitulée « Les écueils des classifications des contes créoles », Véronique Corinus estime que le classement binaire du corpus de Marie-Anne Schont en « contes » et « fables », selon le type de personnage (« héros thériomorphes versus héros anthropomorphes ») est peu satisfaisant, « dans la mesure ou la variabilité actantielle est l'un des principes centraux dans les contes, selon les versions »[xiv].
LE RECUEIL DE MADAME SCHONT : UNE MANIFESTATION
D'APPROPRIATION CULTURELLE ?
Selon le sociologue Eric Fassin (dans un entretien intitulé « L’appropriation culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de domination », publié dans Le Monde du 24 août 2018[xv]), le concept d'appropriation culturelle, né dans les années 1990, est au cœur de nombre de polémiques récentes (comme celles concernant les restitutions d'oeuvres d'art conservés dans bien des musées) et de colloques unversitaires en tout genre. Et il va sans dire que les réseaux sociaux en ligne ont grandement contribué à l'explosion des empoignades autour de cette notion.
Eric Fassin rappelle que l’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « colonialisme culturel », que la critique bell hooks, figure importante du Black feminism, résume d’une métaphore : « manger l’Autre », dans le cadre d’une exploitation capitaliste. De façon générale, l'appropriation culturelle relèverait d'un regard « exotisant » sur les minorités sexuelles et raciales :
Ce qui définit l’appropriation culturelle, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de récupération quand la circulation s’inscrit dans un contexte de domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le primitivisme artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.
Comment situer le travail de Marie-Anne Schont sur les Contes créoles qu'elle a recueillis et traduits, par rapport à la définition de l'appropriation culturelle par Eric Fassin, que j'ai mise en italiques dans la citation ci-dessus – alors qu'il est évident que la visiteuse de Lorraine a effectivement « récupéré » un produit de la culture locale guadeloupéenne dans un « contexte de domination » on ne peut plus écrasant que les célébrations nationales du Tricentenaire des Antilles ? Il me semble que Lucien Dourson, fin connaisseur du contexte culturel mosellan d'où provenait le couple Schon, a apporté des éléments de réponse :
Tandis que son époux veillait à diriger le service éducatif de la Guadeloupe, Mme Schont enseignait le français au Lycée Carnot de Point-à-Pitre. Elle ne tarde pas à comprendre qu'on ne peut arriver aux Antilles avec un comportement de colon. Elle sait pour l'avoir vécu en Moselle qu'il faut de l'empathie avec la population locale pour se faire accepter. Elle décide naturellement de s'intéresser à la langue et aux contes créoles. Bien sûr la plupart de ses élèves savent s'exprimer en créole mais c'est auprès des gens modestes qu'on recueille les récits les moins altérés. [...] Mme Schont assiste donc aux Veillées guadeloupéennes (sous-titre de son ouvrage) pour écouter et noter les constances et différences des récits.
En d'autres termes, Marie-Anne Schont – dont la langue maternelle était le « patois », ou dialecte francique de Moselle-Est, et qui avait fait toute sa scolarité dans la langue allemande imposée par l'administration prussienne, avant de pouvoir retrouver le français après 1918 – avait certainement de la sympathie pour ses élèves du Lycée Carnot, qui parlaient sans doute le créole en dehors de l'école, même si la majorité d'entre eux était susceptible de provenir de la bourgeoisie « de couleur » de Pointe-à-Pitre, soucieuse de parler français et non pas le créole vernaculaire.
Quant à la question de « la fidélité dans la transmission de la mémoire », il me faut mettre quelques bémols au commentaire de Lucien Dourson, lorsqu'il estime que :
Grâce à l'héritage de son Bitcherland natal, elle reproduit l'attitude des Pluetzer, Touba Merkelbach-Pinck, qui sortis d'une « Meistub » n'ont pas modifié le contenu et l'expression d'un conte. Elle se contente de rendre en français ce qui a été raconté en créole.
Je plaide l'ignorance pour ne pouvoir exprimer d'opinion sur « la fidélité des transcriptions » de contes en patois du Bitcherland par les folkloristes mosellans mentionnés plus haut. Mais, comme l'a souligné Véronique Corinus, en l'absence de l'original créole ou d'autres informations, nous ne savons pas « comment » Marie-Anne Schont s'est « contentée » de rendre en français les contes en créole qu'on lui a racontés. Qui était là pour traduire le créole, pour ou avec elle ? Peut-on s'en remettre au jugement émis par Charles Moynac dans sa note au lecteur, à ce sujet : « Madame Schont a très peu réécrit les contes ; on connaît des folkloristes universitaires moins consciencieux » ?
Mais je rejoins à nouveau Lucien Dourson lorsqu'il estime « qu'aujourd'hui les spécialistes de la civilisation créole rendent hommage à cette Lorraine dont ils ignorent souvent le parcours », et que la transcription soit fidèle ou non, on a plaisir à lire ce recueil.
Conclusion
Pour conclure sur la question de l'appropriation culturelle dans le cas des Quelques contes créoles réunis par Madame Schont, il me semble important de souligner que si le recueil a pu être imprimé (par l'Imprimerie Catholique de Basse-Terre) et diffusé – en Guadeloupe surtout et avec un tirage limité sans doute – c'est évidemment grâce au soutien de tout l'appareil colonial du Gouvernement de la Guadeloupe et Dépendances, dans le cadre des célébrations nationales du Tricentenaire des Antilles. Mais il ne s'agit sans doute pas d'une commande et je ne pense pas que Madame Schont ait touché de royalties pour son travail de collectage et de traduction – et non pas d'autrice. Contrairement aux aspects pécuniers qui peuvent intervenir dans la production et la vente d'enregistrements de chanson ou musique, par exemple, la publication des Contes créoles dont il est question ici ne s'est pas inscrite dans un cadre de domination commerciale « capitaliste », et ne pouvait guère causer de préjudices aux conteurs sollicités.
En conclusion de son article, Lucien Dourson a dit ceci :
À l'évocation du passé de l'Est mosellan on se réfère habituellement à ses soldats, à ses mineurs et à ses faïenciers ou verriers. On cite moins souvent ses écrivains régionalistes collectant traditions populaires, chansons et contes, destinés à l'oubli sans cette quête de mémoire locale. Mais qui sait que Rahling a donné naissance à Marie-Anne Kiffer-Schont, femme de lettres remarquable, dont la collecte de Contes Créoles a permis la sauvegarde partielle de la mémoire guadeloupéenne ?
Marie-Anne Schont mérite, en effet, d'être mieux reconnue dans son pays natal pour l'exceptionnel travail qu'elle a fourni pendant ses quelques années passées en Guadeloupe. Et aux Antilles aussi, où il est heureux que des spécialistes du conte créole, comme Jean-Georges Chali et Véronique Corinus, ont su valoriser son apport dans un contexte aussi improbable que celui du Tricentenaire de 1935.
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[i] La Revue du Pays de Bitche, 18, 2020, pp. 26-34. https://classiques.uqam.ca/contemporains/Dourson_Lucien/Le_destin_singulier_du_couple_Schont/Le_destin_singulier_du_couple_Schont.html
[ii] Avec une conférence sur les fictions de René Maran. Le programme du congrès est accessible par le lien https://lethica.unistra.fr/calendrier/agenda/congres-de-lapela-litteratures-africaines-transferts-et-appropriations-culturelles/
[iii] Voir son article dans le magazine en ligne Madinin'Art, Critiques culturelles de Martinique. https://www.madinin-art.net/le-tricentenaire-du-rattachement-des-antilles-a-la-france-1935-1936-ou-le-triomphe-de-lassimilation/
[iv] Quelques contes créoles recueillis par Madame Schont, Basse-Terre, Gouvernement de la Guadeloupe et dépendances, 1935, 128p. Une version numérisée est disponible en pdf sur Manioc.org depuis 2010 (https://www.manioc.org/patrimon/ADG18140), et 4 autres formats depuis 2009 sur : https://classiques.uqam.ca/classiques/schont_madame/quelques_contes_cre…
[v] https://www.ac-guadeloupe.fr/exposition_de_carnot_a_dothemare
[vi] Voir Christelle Lozère, La croisière du Tricentenaire des Antilles et de la Guyane. Construction d’un imaginaire transatlantique, Paris, Éditions Hémisphères, Maisonneuve et Larose, 2022.
[vii] Clara Palmiste, « Façonner les rôles sexués et discipliner le corps féminin : les discours de distribution de prix en Guadeloupe et en Martinique, 1905-1920 » (note de bas de page 42), Amnis, Revue d’études des sociétés et cultures contemporaines Europe/Amérique, 4/2022. https://doi.org/10.4000/amnis.7691.
[viii] Voir https://kapeskreyol.potomitan.info/capes_2011/programme.php).
[ix] Jean-Pierre Jardel, « Le conte créole », Centre de recherches caraïbes, Université de Montréal, 1977, 37 pages.
[x] Postface de Contes créoles (II), recueillis par Lafcadio Hearn en Martinique (1887-1889), transcrits et traduits en français par Louis Solo Martinel, Guyane, Ibis Rouge, 2001 (ouvrage bilingue en ligne sur ScholarVox), p. 117.
[xi] Paris, Honoré Champion, 2023, 410 p. https://univ.scholarvox.com/reader/docid/88948460/.
[xii] Accès aux versions numérisées des trois volumes de Folk-lore of the Antilles d'Elsie Clews Parsons :
1- (1933, inclut 95 contes de Martinique): https://archive.org/details/parsons-antilles-1/page/161/mode/2up
2- (1936, inclut 138 contes de Guadeloupe): https://archive.org/details/parsons-antilles-2/page/n9/mode/2up
3- (1943): https://archive.org/details/parsons-antilles-3/page/5/mode/2up
[xiii] Véronique Corinus, op. cit., p. 30.
[xiv] Véronique Corinus, op. cit., p. 156.
[xv] https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-les-cultures-s-inscrit-dans-un-contexte-de-domination_5345972_1654200.html
Ursulet a oublié de mentionner le taux élevé de "pannes" sur les autobus de MT.
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Il parait que certains chauffeurs de Mqe Transport sont payés 4000 euros par mois (plus qu'un pro Lire la suite
un mariage rvn et bbr!
Lire la suiteVotre cerveau pas plus gros qu'un citron ne répond toujours pas à la question. Lire la suite
Qu'est-ce que vous ne comprenez pas?
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L'article disait textuellement ceci , je cite (ligne 4) :"....il n'y a AUCUN maire d'origine an Lire la suite
Pourquoi les Africains n'ont-ils pas repoussé les Arabes et les Européens ? POURQUOI ? Lire la suite
...ces villes correspondent au Carbet ou à Macouba en Martinique ! Lire la suite
Villetaneuse ( 12530 hab) , Gagny (42500 hab) et Vaulx-en-Velin (54 000 hab) ne sont pas des "b Lire la suite
...Pété t'a bien renseigné, Yeg-Yug-Troyag-Jean-Nemar, sur les bleds totalement inconnus du Franç Lire la suite