Dans le bruit et la fureur macoute qui sévissent depuis un certain temps à la Martinique, au mitan de ce terrorisme (pseudo-)intellectuel que cherchent à imposer des prophètes et prophétesses auto-proclamées, on a pu entendre, au cours de cette première semaine du mois de mai, à l'occasion d'un colloque international organisé par la ville de Saint-Pierre dans le cadre du "MAI DE SAINT-PIERRE 2023", des voix fortes et empreintes d'une étonnante sérénité.
Celle d'abord de Gratien Ahouanmènou, Béninois et spécialiste d'une science millénaire d'Afrique de l'Ouest, l'IFA, qui repose sur un système binaire et une logique qui préfigurent celles de l'informatique moderne, en particulier la notion d'octet. Jusqu'à tout récemment, l'IFA était complètement ignorée par le système scolaire béninois et G. Ahouanmènou, architecte de formation, s'est donné pour mission de redonner voix à ce qui est tout à la fois une science et une sagesse. Pour ce faire, il utilise l'art poétique qu'il manie avec talent et humour. L'IFA n'est pas, à son sens, la clé de tous les problèmes du Bénin ni de l'Afrique mais un élément indispensable à la (re)construction identitaire. Nous sommes loin des discours hystériques d'égyptologues autoproclamés et de pyramidolâtres qui sévissent sur les réseaux sociaux.
Ensuite, la voix sereine et déterminée de Tomas Sanchez, Garifuna du Guatemala, ces "Caraïbes noirs", métis de Kalinagos et de Nègres-marrons qui, à l'île de Saint-Vincent, opposèrent une résistance si farouche aux colons anglais que ces derniers les firent déporter en 1802 jusqu'en Amérique centrale (au Honduras et au Guatemala) où ils prirent le nom de Garifunas. T. Sanchez a révélé que jusqu'à aujourd'hui, deux siècles plus tard, le peuple garifuna lutte pour faire respecter ses droits, son identité et sa langue. Choses difficiles mais qui a connu des avancées significatives ces dernières années, les Garifunas sachant allier à merveille patience et farouche détermination. Lui et d'autres leaders communautaires se sont employés de protéger leur peuple de la terrible guerre civile qui dévasta le Guatemala entre 1976 et 1980 et même, avec de brèves trêves, jusqu'à la fin des années 90. Il dut alors se réfugier aux USA où il résida durant quelques années et côtoya les militants noirs des droits civiques avant de rentrer définitivement au Guatemala où un accord de paix fut signé sous l'égide des Nations Unies. Accord qui stipula, en décembre 1996 et après 35 ans de guerre civile, que ce pays est "multi-ethnique et multiculturel" et qu'en son sein, toutes les ethnies, et donc les Garifunas, doivent avoir toutes les mêmes droits. Tomas Sanchez se définit comme un "un leader indigène" qui continue, sans haine ni désir de vengeance, à préserver et à promotionner la culture des Garifunas.
Enfin, Ralph Ludwig, professeur à l'Université de Halle (Allemagne), grand connaisseur de textes rares liés à la ville de Saint-Pierre, s'est montré le digne successeur d'un autre Allemand inconnu des Martiniquais à savoir Hugo Schuchardt qui, à compter de 1880 fut le fondateur de la créolistique avec 9 volumes d'études linguistiques sur les créoles à base lexicale portugaise et anglaise. Il fut, d'ailleurs, le tout premier à avoir rédigé une note de lecture sur le tout premier roman jamais écrit en créole à base lexicale française, ATIPA d'Alfred Parépou. Fort de cette tradition intellectuelle germanique, nul étonnement à ce que Ralph Ludwig ait participé à la rédaction du premier dictionnaire du créole guadeloupéen avec Hector Poullet et Sylviane Telchid et qu'il soit l'auteur d'articles importants sur cette langue. Ludwig a aussi une autre corde à son arc : la littérature antillaise. Ainsi, il a été le maître d'oeuvre de deux ouvrages récapitulatifs sur cette dernière, La Parole de nuit (1994) et L'Errance et le rire (2002). La vision qu'il a de Saint-Pierre sera sans nul doute précieuse à 'ambitieux projet de refondation sur dix ans qu'a entamé son premier édile, Christian Rapha, et son équipe municipale.
Les interventions de Tomas Sanchez (Guatemala), Lorenzo Sanford (La Dominique), Gratien Ahouanmènou (Bénin) et Ralph Ludwig (Allemagne) au cours du colloque qui a lancé ce projet de refondation ainsi que dans d'autres ateliers ou manifestations qui ont ponctué cette première semaine du "MAI DE SAINT-PIERRE 2023" seront bientôt visibles sur le site-web de la ville.
Mèsi, man pa te okouran le dènye pawòl. Sa te pou rive jik la.
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Quoique.
Menm si yo pa li Fondas Kreyol, yo pa kouyon. Ki mannyè yo ka di:
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Man pa kwè ni anlo moun ka li FONDAS KREYOL. Arété rakonté KOUYONNAD ! Lire la suite
Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite
Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
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Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite
Exactement le même phénomène que je décrivais il ya qq commentaires de celà: par peur dêtre trait Lire la suite
...ce général noir saoudien a fait COMMENT pour naitre puisque ses parents étaient tous castrés ? Lire la suite
Bilal ,le premier muezzin de l'histoire était un Nègre ESCLAVE ,notons-le ,au 7ème siècle donc pr Lire la suite
...Bilal ?
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