Accord inédit entre l'État et la collectivité de Corse en faveur de l'enseignement bilingue

Jean Damien Lesay ("La Banque des territoires")

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Un accord entre l'État et la collectivité de Corse va faire passer l'enseignement du corse dans une nouvelle dimension. Il prévoit un important financement des actions de formation par la collectivité ainsi que le développement de la méthode immersive qui pourrait, à terme, profiter à d'autres territoires.

C'est une convention qui marque une étape importante en faveur de l'enseignement de la langue corse qu'ont validée vendredi 3 octobre 2025 à l'unanimité les élus de l'assemblée de Corse. Le texte – qui doit encore recevoir la signature de ses coauteurs, le préfet et le recteur de la région académique de Corse – prévoit d'instituer la langue corse comme "savoir fondamental".

Si actuellement le corse est une discipline enseignée dans le cadre de l'horaire normal des écoles maternelles et élémentaires, puis à titre d'enseignement de complément, de langue vivante ou d'enseignement de spécialité au collège et au lycée, et s'il bénéficie du statut de langue d'enseignement au sein des filières bilingues, la collectivité de Corse et l'académie dressent toutefois le constat que cette "politique volontariste |...] nécessite une extension des dispositifs existants".

Franchir un "palier linguistique"

L'objectif premier de la convention est donc de généraliser l'offre d'enseignement bilingue pour tous les enfants de Corse. Elle vise également à assurer la continuité des parcours bilingues de la maternelle au lycée, à faire de la langue corse une langue de communication dans l'école et à former l'ensemble de la communauté éducative.

Pour assurer ce dernier point, il est prévu de former et habiliter en langue corse un plus grand nombre d'enseignants et de déployer des formations sur l'ensemble du territoire. Autant d'actions qui permettront de "franchir un 'palier linguistique' par une augmentation rapide et significative, tant qualitative que quantitative, du vivier des enseignants habilités".

En contrepartie, la collectivité de Corse s'engage à verser à l'académie la somme correspondant au financement des actions et dispositifs de formation complémentaire, et à soutenir la formation des personnels non enseignants, dont les Atsem, auprès des communes employeuses. Une proposition budgétaire annexée à la convention chiffre à 1,37 million d'euros la contribution de la collectivité de Corse pour l'année 2025-2026, dont 1,03 million pour la formation des enseignants du premier degré.

L'enjeu de la méthode immersive

Un autre point crucial de la convention vise à faire de la méthode immersive – qui consiste à utiliser la langue régionale comme langue véhiculaire pour les apprentissages ainsi que pour la vie scolaire – un "enjeu linguistique, éducatif et social important".

Le dispositif immersif, insiste la convention, "doit devenir un pilier de la politique de généralisation de l'enseignement bilingue pour renforcer significativement les compétences des élèves en langue corse au cours de la scolarité, en poursuivant l'objectif d'en assurer, comme pour la langue française, une excellente maîtrise". Cette méthode apparaît en effet comme la plus efficace pour atteindre un véritable bilinguisme. À ce titre, la pratique immersive est étendue à soixante-dix nouvelles classes à la rentrée 2025.

Problème de constitutionnalité

Mais cette disposition étonne. Le Conseil constitutionnel a en effet censuré la méthode immersive dans l'enseignement public dans une décision faisant suite à la loi du 21 mai 2021 relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion, considérant que cette méthode entrait en contradiction avec l'article 2 de la Constitution, qui dispose que "la langue de la République est le français" (lire notre article du 18 juin 2021).

Certes, une circulaire du ministre de l'Éducation nationale du 14 décembre 2021 érige l'enseignement par immersion en "stratégie possible d'apprentissage de l'enseignement bilingue". Toutefois, la chambre régionale des comptes de Bretagne, en 2024, observait dans un rapport consacré aux écoles Diwan que "cette circulaire n'est pas de nature à doter l'enseignement immersif d'un fondement juridique opposable" (lire notre article 4 mars 2024). 

Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de l'Assemblée de Corse, ne s'y trompe pas, estimant que "ce soutien à l'immersif" est "confronté à des limites". Il plaide donc pour "la constitutionnalisation du statut de la langue corse, mais aussi celle de la méthode immersive". Une constitutionnalisation qui pourrait, au-delà du cas corse, bénéficier à l'ensemble des langues régionales en France. On se souvient qu'en 2020 le Dasen (directeur académique des services de l'Éducation nationale) des Pyrénées-Atlantiques avait refusé l'ouverture d'une classe immersive en basque dans une école publique et annoncé la fin de toute nouvelle expérimentation en la matière.

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Commentaires récents

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    C'est pas possible : BOUG TALA FOU !

    yug

    05/04/2026 - 20:56

    1) Cet article évoque l'ascension sociale d'une Franco-Tunisienne .Que vient foutre parmi les com Lire la suite

  • "Moi, je dis, la France aux Français !"

    COMPARAISON IDIOTE !

    Albè

    05/04/2026 - 17:18

    On est raciste, point barre ! Dire "je suis moins raciste qu'untel" est d'une connerie abyssale. Lire la suite

  • "Moi, je dis, la France aux Français !"

    Ouais ,c'est comme la Tunisie aux Tunisiens !!!

    yug

    05/04/2026 - 11:56

    Sauf que les Tunisiens et leurs frères Algériens foutent les étrangers dehors en plein Sahara à c Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    GROS CONARD

    Albè

    05/04/2026 - 07:34

    A aucun moment, je n'ai parlé de "monument religieux" mais seulement de "monument". Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Toujours aussi con !!!

    yug

    04/04/2026 - 15:58

    Ni le Taj Mahal (mausolée) , ni l'Elysée, ni le Palais de la Présidence du Sénégal ni le Palais Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    ANCIEN OU NOUVEL...

    Albè

    04/04/2026 - 15:02

    Pauvre naze ! Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Tu sais pas lire ,abruti ?

    yug

    04/04/2026 - 10:57

    J'ai écrit "Le fait pour un ANCIEN esclave ...." (voir commentaire précédent intitulé Allah akbar Lire la suite

  • Ne pas "hiérachiser les souffrances", disent-ils...

    SOUSE

    Albè

    03/04/2026 - 09:35

    An plis, sé jounalis, entélektiel, politisien, artis-nou an, sé an bann Sousè ! Lire la suite

  • Controverse Mémona Hintermann-Afféjee : « Je porterai plainte si le lycée est débaptisé »

    Le hasard n'exite pas !!

    yug

    02/04/2026 - 15:16

    MH à CNews ?? Pas l'effet du hasard !! Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    LOOOL !

    Albè

    02/04/2026 - 07:08

    Donc le type est esclave et c'est à lui que l'on confie le soin de lancer l'appel de la toute nou Lire la suite