Une rentrée littéraire difficile pour les librairies françaises

C'est la rentrée littéraire. 461 œuvres romanesques débarquent en librairie en cette rentrée. Un moment d'émulation pour la profession. Mais cette année, le secteur du livre fait grise mine. Les Français lisent moins. Et pour les libraires dont les charges augmentent et les marges diminuent, la situation est difficile. Il faut faire preuve d'imagination pour attirer les clients. Un reportage signé Elise Véran.

Que serait Paris sans ses librairies de quartier ? « Oui, c'est apaisant quand tu rentres dans une librairie, juste pour te vider un peu la tête », déclare une cliente. Pourtant, malgré l'attachement de la clientèle aux librairies indépendantes, beaucoup d'entre elles rencontrent des difficultés financières. 2025 a été une année noire pour le secteur, comptant plus de fermetures que d'ouvertures de nouvelles librairies.

« Je m'appelle Juliette Debrix. Pour notre trésorerie, on arrive à un équilibre précaire, je dirais, et par contre, les revenus restent les mêmes, explique la cofondatrice avec Anabelle Chaubet de la librairie Un livre et une tasse de thé. Dans le monde du livre, les marges sont très, très faibles et elles laissent peu de place à être rentable, tout simplement, surtout si on a un loyer, en particulier parisien, à payer. »

En situation précaire, les libraires remettent en question le partage du gâteau entre les différents acteurs de la chaîne du livre, de la fabrication à la distribution, comme Fernando Barros, propriétaire de la librairie Tschann à Montparnasse. « Entre le distributeur, l'éditeur, l'auteur aussi et les libraires, il y avait un équilibre qui était maintenu, maintenant l'équilibre est un peu rompu et toute la chaîne du livre est un peu touchée. Par exemple, l'augmentation des frais de transport de la part des distributeurs, c'est une chose dont on parle rarement mais qui est importante à la fin de l'année », précise-t-il.

L'épouvantail des libraires a un nom : Amazon. La vente de livres en ligne représente plus de 20 % du marché français.« Il arrive un moment effectivement, peut-être que la concurrence est disproportionnée. Les gens disent souvent quand ils viennent chez vous, vous avez tel livre ? Non ? Ah, je vais aller chez Amazon. Comme si Amazon était une panacée. Il y a une volonté évidente d'effacer une partie du paysage. C'est de ça qu'on doit avoir peur », ajoute Fernando Barros.

Les libraires dénoncent les marges d'achat plus avantageuses dont les grandes plateformes bénéficient de la part des éditeurs. « Les grands distributeurs, ils fonctionnent comme pour des carottes et les livres, c'est pareil, plus on en achète et moins le prix est élevé à la carotte. Nous, on va acheter 20 000 euros de livres par mois et quand Amazon va en acheter 200 000, donc nécessairement nous, on va avoir une remise de 35 % quand Amazon va avoir 41 %, c'est sur ces 6 % là que va se faire la différence, ce qui est énorme », regrette Juliette Debrix.

Outre les difficultés du métier, les libraires souffrent aussi de la baisse du pouvoir d'achat. « Les paniers moyens sont de plus en plus petits. On remarque un vrai changement de consommation cette année… », souligne la libraire. La diminution globale du temps accordé à la lecture est aussi pointée du doigt : « Aujourd'hui, on se rend compte que les gens lisent beaucoup moins, ils sont tous accrochés par le petit écran du téléphone portable », regrette Fernando Barros. Pour attirer les clients, les libraires organisent des rencontres autour des livres.

« Nous, on a un public de psychanalystes, donc on fait des rencontres de psychanalystes en librairie », précise le propriétaire de la librairie Tschann. Et beaucoup décident de se diversifier, comme Juliette Debriex qui propose un service salon de thé ainsi qu'un rayon papeterie et puzzles : « Tout ce qui est hors livre, ça représente déjà 20 % de notre chiffre d'affaires ». De quoi se demander si demain, l'équilibre des librairies indépendantes pourra uniquement reposer sur le livre.

Vendeuse dans une librairie de Mulhouse, le 11 mai 2020 (Photo d'illustration). SEBASTIEN BOZON / AFP

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Commentaires récents

  • Soufriere has a new mayor

    LA NEGRITUDE EST PIRE QUE...

    Albè

    07/10/2026 - 20:09

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    T' ES TOMBE DANS LE PIEGE COMME...

    Albè

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    ...un crabe-c'est-ma-faute dans une ratière, mon gars ! Lire la suite

  • Soufriere has a new mayor

    la créolité en action?

    @Lidé

    07/10/2026 - 17:06

    cette idéologie "créolité" est pénible sur ce site.
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  • En Allemagne, le fantasme d’une partie de l’extrême droite de récupérer l’Alsace-Lorraine (et plus encore)

    Bonne nouvelle

    @Lidé

    07/10/2026 - 16:11

    Enfin, une bonne guerre tribale comme les blancs les aime!!
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  • « La dignité alimentaire : une nouvelle manière de penser et d’agir concrète et incarnée »

    "Les bourgeois nègres sont pires que les Békés" !!!

    yeg

    07/10/2026 - 13:33

    Enfin !!!!!! Albè a réussi à sortir une phrase intelligente !! Lire la suite

  • Notre 6 octobre, leur 7 octobre

    Et ça commence par Mqe Première !!

    yeg

    07/10/2026 - 11:56

    ........ L'Occident a pris l'habitude d'imposer ses dates au monde entier .......Exact !!
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    L'ONF , les agriculteurs âgés non-remplacés et la CTM (encore ...) qui loue des terres sans l'ea Lire la suite