Mitaraka : Une aventure poétique et artistique aux confins de la Guyane

Depuis sa création en 1988, le groupe associatif Mitaraka s’impose comme un acteur incontournable du paysage culturel guyanais, un creuset où se rencontrent et se fondent les diverses formes d’expression artistique et intellectuelle. Fondé par Dominique Martin, ce groupe réunit des plasticiens, des poètes, des écrivains, mais aussi des musiciens, des universitaires, des anthropologues et des conteurs issus du plateau des Guyanes. Leur projet collectif se nourrit d’une vision ambitieuse : celle de faire rayonner l’art et la poésie au-delà des frontières géographiques et culturelles, en mettant en lumière les richesses et les complexités du monde guyanais, de la Caraïbe et de l’Amérique du Sud.

 Le nom même du groupe, Mitaraka, est une invocation géo poétique à ce massif mystérieux situé à la frontière du Brésil, du Suriname et de la Guyane, un lieu mythique qui incarne à lui seul l’essence de ce projet : l’alliance entre la nature sauvage et l’imaginaire humain. Le massif de Mitaraka, dense et inaccessible, représente non seulement un lieu de biodiversité exceptionnelle, mais aussi un réservoir de légendes et de récits transmis au fil des générations. Il est dans cette terre fertile que l’art prend racine, dans l’exploration incessante de l’invisible, de l’intangible et du merveilleux. À l’instar de ce lieu géographique et symbolique, le groupe se veut une plateforme où l’imaginaire se déploie dans toute sa diversité, loin des conventions et des formats traditionnels.

La revue Mitaraka, née en 1990, s’inscrit dans cette démarche créative et ambitieuse. Elle prend la forme d’une publication plurilingue, un carrefour linguistique et culturel qui embrasse la pluralité des peuples de la Guyane, du Suriname, du Brésil, de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Caraïbe en général. À travers ses pages, les lecteurs découvrent des œuvres poétiques, des essais, des critiques artistiques, mais aussi des réflexions anthropologiques ou sociales. Ce n’est pas simplement une revue littéraire ou artistique, mais un véritable espace de rencontre où s’entrelacent les voix et les cultures de ces territoires éloignés, mais néanmoins reliés par l’histoire et la géographie.

Dès son premier numéro, Mitaraka se distingue par son caractère innovant et son ouverture internationale. Le choix de publier des textes en plusieurs langues, telles que le portugais, l’anglais, le créole, le néerlandais, incarne cette volonté de dépasser les barrières linguistiques et d’offrir une tribune aux voix dissidentes ou marginalisées. Par cette approche, la revue se présente comme un lieu de dialogue interculturel, un espace où la poésie et l’art, comme formes d’expression universelles, deviennent des vecteurs de partage et de compréhension mutuelle. Les trois maîtres mots qui traversent les pages de la revue sont Liberté, Amour et Poésie. Ces valeurs fondamentales sont non seulement des balises éditoriales, mais aussi des principes de vie et de création. Mitaraka ne se contente pas de célébrer la poésie dans sa forme la plus classique, elle cherche également à interroger les limites de l’art et de la littérature, à ouvrir des espaces de réflexion sur la société, l’histoire, la mémoire collective et les identités. Dans un monde souvent fracturé par des conflits géopolitiques et culturels, la revue propose un contrepoint : celui d’un art libre, ouvert et créatif, où les mots et les formes sont au service de l’humanisme et de la beauté.

Le dernier numéro de la revue incarne particulièrement cette recherche de l’enchantement. Véritable manifeste de la création contemporaine, il appelle à l’émerveillement, tout en mêlant harmonieusement les genres artistiques. Poésie, peinture, musique, photographie et écriture se conjuguent pour offrir au lecteur une expérience esthétique totale, un voyage sensoriel qui dépasse le simple cadre du texte. Loin de se limiter à un cadre rigide ou académique, Mitaraka s’aventure sur des terrains inconnus, là où les frontières entre les disciplines artistiques se dissipent pour laisser place à l’instant créatif pur. Chaque numéro est ainsi une invitation à une exploration nouvelle, à une immersion dans un univers où l’imaginaire trouve une voie libre pour s’exprimer. Ce qui distingue véritablement Mitaraka, c’est cette capacité à transcender les limites géographiques et culturelles pour s’inscrire dans une perspective plus large. Elle s’inscrit dans la grande tradition des revues littéraires et artistiques qui, de tout temps, ont su porter des voix singulières et essentielles. Mais dans le cas de Mitaraka, la revue se distingue par son profond ancrage territorial et sa volonté de faire écho à la diversité des peuples du plateau des Guyanes et au-delà. Elle est à la fois le reflet d’un espace géographique spécifique et l’expression d’une vision universelle, celle d’un monde où la poésie, l’amour et la liberté s’entrelacent et s’élèvent ensemble.

En ce sens, Mitaraka n’est pas simplement une revue de plus dans le monde de la poésie et de l’art. Elle est une fenêtre ouverte sur des horizons multiples, un espace où l’âme artistique peut s’épanouir en toute liberté, au carrefour des influences culturelles, linguistiques et géographiques. C’est une revue qui incarne, plus que jamais, l’essence de la quête créative : celle d’un monde en perpétuelle transformation, où l’art et la poésie nous appellent à une exploration toujours renouvelée du réel et de l’imaginaire.

 

Godson Moulite

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Commentaires récents

  • Yadan, va te faire foutre avec ta loi de merde !

    Signature à signer.

    yug

    08/04/2026 - 12:57

    Une pétition circule sur les "réseaux sociaux" (notamment sur le site de l'Assemblée Nationale) p Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    N'importe quoi !

    yug

    07/04/2026 - 07:23

    Quel rapport entre les généraux noirs de Trump et la Kaaba ?

    Lire la suite
  • 185 écolières iraniennes/1 pilote de guerre étasunien

    Et surtout ,surtout ....

    yug

    06/04/2026 - 20:36

    Non seulement ce pilote bombardait l'Iran ,mais il le faisait de manière parfaitement ILLEGALE :l Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    CHARABIESQUE ?

    Albè

    06/04/2026 - 19:30

    Si t'es con au point de ne pas savoir déchiffrer un énoncé qui n'aurait pas surpris un Bac-5 à qu Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Charabia (2)

    yug

    06/04/2026 - 15:09

    Aucune réponse rationnelle et crédible à l'évocation de l'argument charabiatesque suivant ": l' Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    VA TE FAIRE VOIR !

    Albè

    06/04/2026 - 12:51

    Pauvre inutile qui n'a que ça à faire dans sa vie aussi vide qu'une calebasse : squatter la rubr Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    Charabia

    yug

    06/04/2026 - 08:27

    Signaler que la Kaaba est le seul bâtiment du monde couvert de noir " sert à révéler tous les non Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    PREUVES ?

    Albè

    06/04/2026 - 07:58

    Signaler que la Kaaba est LE SEUL ET UNIQUE bâtiment ou monument de couleur noire de toute la pla Lire la suite

  • Une Tunisienne à la tête d’Orly : l’ascension d’Imène Souid à Paris

    C'est pas possible : BOUG TALA FOU !

    yug

    05/04/2026 - 20:56

    1) Cet article évoque l'ascension sociale d'une Franco-Tunisienne .Que vient foutre parmi les com Lire la suite

  • "Moi, je dis, la France aux Français !"

    COMPARAISON IDIOTE !

    Albè

    05/04/2026 - 17:18

    On est raciste, point barre ! Dire "je suis moins raciste qu'untel" est d'une connerie abyssale. Lire la suite