" Les renseignements que je possède sur l’état de l’armée sont tels que les événements risquent d’aller mal. Il faut vous préparer au pouvoir pour constituer un cabinet et faire la guerre ". Ainsi, dans le plus grand secret, alors qu’il était ambassadeur de France en Espagne, le maréchal Pétain se faisait convaincre par un sénateur français d’accepter de se porter à la direction du gouvernement. Devant ses hésitations, le parlementaire assura le vieil homme qu’il pourrait lui préparer un ministère et lui suggéra quelques noms dont celui de Pierre Laval. Ce sénateur s’appelait Henry Lémery, il était martiniquais. Finalement, il fut nommé ministre des Colonies du premier gouvernement Pétain. Il fut le dernier martiniquais à occuper la fonction de ministre en France. On est en 1939 !
Par la suite, si de nombreux ministres d’origine africaine ont été nommés sous la 4ème République, certains d’entre eux y ayant fait leur apprentissage de chefs d’Etat, il n’en fut pas de même jusqu’à l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, pour les départements et territoires d’Outremer. C’est une idée qui n’était jamais venue aux gouvernements de droite avant cette date et même après pour la Martinique. Nicolas Sarkozy avait bien tenté l’expérience, mais la proposition faite à l’autonomiste Serge Letchimy parut relever du canular. Elle fut rejetée. Pour sa part, on ne saura pas pourquoi Aimé Césaire avait refusé d’être ministre de François Mitterrand. Après une vie passée essentiellement en Métropole, le temps était-il venu pour l’homme politique de regagner de façon définitive son pays natal et occuper à temps plein la fonction de maire de Fort-de-France ? En revanche, on n’ignore plus rien de l’insuccès de Claude Lise à participer au gouvernement de Michel Rocard, en 1989. Relevant plus d’une affaire personnelle que d’une décision de parti, le veto de Camille Darsières avait eu raison de l’accord d’Aimé Césaire.
Ainsi donc, alors que de nombreux ministres originaires des autres territoires d’outre-mer participent régulièrement aux gouvernements, il est incontestable que la non-désignation depuis plus de 80 ans d’un ministre d’origine martiniquaise est devenue un véritable fait politique. L’obéissance des gouvernements à cette règle muette peut être regardée comme l’adhésion indirecte de l’Etat à l’effet de distanciation voulu par les mouvements de rupture. Cet effet se manifeste aussi par le détachement des partis politiques nationaux et le découplage du vote outre-mer aux élections nationales. Par ailleurs, l’originalité martiniquaise dans l’expression de ce nationalisme passif peut être considérée comme une critique en creux de la politique participative des élus guadeloupéens, guyanais, réunionnais et autres. En acceptant de fournir des ministres à la France, feraient-ils preuve de soumission ou, aux yeux des nôtres, d’un déficit de nationalisme ?
L’idée selon laquelle un ministre martiniquais serait sans intérêt pour la Martinique est contredite par des exemples guyanais ou guadeloupéens. Il n’est pas plus digne d’implorer le gouvernement au cri de « moi aussi … moi aussi ! » chaque fois qu’ils font l’objet d’une décision favorable. Par ailleurs, l’argument qui consiste à répéter jusqu’à plus soif « parce que je suis autonomiste, parce que je suis nationaliste » ne vaut pas un sou percé de la part de militants, parfois anciens fonctionnaires d’autorité de l’Etat, scotchés à la barbe du patron des indépendantistes qui déclarait lors de son adieu de l’Assemblée nationale en 2016 : « J’ai mal à la France, j’ai mal à l’Europe. » Et qui s’apprête à la rejoindre et à présider au bénéfice de l’âge à l’ouverture de la prochaine session.
En tout état de cause, les amoureux de science politique ne devraient pas se désintéresser de cette donne politique, dont on ne peut pas imaginer qu’elle soit sans conséquence sur les rapports politiques entre la France et la Martinique. Même et surtout si l’inclination du moment du personnel politique tend à "opinionner" le sujet pour désamorcer toute réflexion de fond à son égard.
Fort-de-France, le 4 juin 2022
Yves-Léopold Monthieux
Man pa kwè ni anlo moun ka li FONDAS KREYOL. Arété rakonté KOUYONNAD ! Lire la suite
Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite
Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
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Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite
Exactement le même phénomène que je décrivais il ya qq commentaires de celà: par peur dêtre trait Lire la suite
...ce général noir saoudien a fait COMMENT pour naitre puisque ses parents étaient tous castrés ? Lire la suite
Bilal ,le premier muezzin de l'histoire était un Nègre ESCLAVE ,notons-le ,au 7ème siècle donc pr Lire la suite
...Bilal ?
Lire la suiteHeu...Au collège, on m'avait appris "Carthago delenda est" lors de cours d'histoire chiants au po Lire la suite
votre larbinisme vous empêche de comprendre que: judaïsme, christianisme et islam c'est la même m Lire la suite