À l'occasion de la session de l'Assemblée de Corse qui débute ce jeudi 30 mars, une traduction simultanée des débats est expérimentée. Un dispositif mis en place à la suite de la décision du tribunal administratif de Bastia concernant l'usage non conforme de la langue corse dans l'hémicycle.
À la suite de la décision du tribunal administratif de Bastia concernant la non-conformité des débats tenus en langue corse dans l'hémicycle du Cours Grandval, une traduction en direct des échanges est proposée lors de la session qui s'ouvre ce jeudi 30 mars.
"Ce dispositif est expérimental, avec des moyens limités car déployés à titre exceptionnel, indique la Collectivité de Corse dans un communiqué. Il vise à proposer un premier test, afin de disposer d’un retour d’expérience dans la perspective de la mise en place d’un dispositif de traduction simultanée des débats plus pérenne."
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Avant l'ouverture de la session, la présidente de l'Assemblée de Corse, Marie-Antoinette Maupertuis, a rendu visite aux traducteurs. • © M. Fiamma/FTV
Ainsi, pendant deux jours, six interprètes vont traduire, en corse et en français, les échanges entre les conseillers territoriaux.
"Les traducteurs sont installés dans les cabines qui surplombent l’hémicycle et proposent en direct une traduction des prises de parole des élus, explique la CdC. Cette solution innovante offre la possibilité à chacun de suivre les débats dans la langue de son choix."
La traduction est également disponible sur le Live de l'Assemblée de Corse ainsi que sur les comptes Facebook de l'Assemblée et de la Collectivité de Corse.
Cette démarche fait suite à la décision du 9 mars dernier rendue par le tribunal administratif de Bastia.
Saisie par l'ancien préfet Pascal Lelarge, la juridiction a retoqué les articles du règlement intérieur de l'Assemblée de Corse qui disposait que "les langues des débats sont le corse et le français".
Le TA considère que cette disposition enfreint l’article 2 de la Constitution, selon lequel "la langue de la République est le français".
"Cette décision porte une atteinte grave au droit fondamental des Corses de parler leur langue. En particulier dans le contexte actuel, écrit la Collectivité de Corse dans son communiqué. À ce titre, le rapporteur spécial des Nations Unies sur les questions relatives aux minorités, M. Fernand de Varennes, a qualifié cette décision de probablement contraire au droit international puisque discriminatoire."
Invité par Gilles Simeoni et Marie-Antoinette Maupertuis, le rapporteur des Nations Unies devrait assister, en tant qu'observateur, à la séance de ce vendredi 31 mars.
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