I ba mwen an fig !

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      Aucun jeune locuteur du créole martiniquais ne comprendrait cette phrase.

      Dans aucun des 2 sens de cette phrase exclamative d'ailleurs. C'est-à-dire :  

 

  1. sens propre : Il (/Elle) m'a donné une banane (-dessert). 

 

  1. sens figuré : Il (/Elle) m'a raconté un bobard. 

 

       Déjà, il n'est même pas sûr que notre locuteur de ladite Génération Z connaisse le premier sens, sauf s'il a vécu ou s'il vit à la campagne. En effet, le créole a toujours distingué la banne-dessert (fig) de la banane-légume (bannann, bannann-jòn, ti-nen etc.). Or, aujourd'hui, la distinction entre "bannane-dessert" et "banane-légume" n'exise quasiment plus. Tout le monde dit désormais "bannann" et le mot "fig" a disparu. Et en disparaissant, il a entrainé le sens 2 ("bobard") dans le néant également !

         Il s'agit d'un exemple très banal mais qui reflète bien l'espèce de déperdition lexicale que subit le créole depuis bientôt quatre décennies. Le "Dictionnaire du créole martiniquais" de Raphaël Confiant contient un peu plus de 17.000 mots mais combien sont encore en activité de nos jours ?

          Combien continuent à exister non pas dans notre pratique linguistique mais ne serait-ce que dans notre inconscient linguistique ? 

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