Au cœur de l’immigration algérienne : «MarseilleS», entre identité forte et altérité obligée

Nous avons pu découvrir le documentaire MarseilleS qui devait être projeté en avant-première à Toulouse lundi 21 mars. La réalisatrice Viviane Candas avait filmé des Algériens de Marseille en 1986 mais aussi des adhérents français du tout nouveau Front national, qu’ils soient membres à part entière ou sensibles aux thèses xénophobes du mouvement créé en partie par des anciens pieds-noirs et certains ex-OAS.

Par un constant aller-retour entre 1986 et 2021, dans cette ville où la proportion d’Algériens atteint plus de 20%, dit la voix off, la documentariste donne un coup de projecteur sur les sentiments et ressentiments d’Algériens et Algériennes sur une durée de plus de quarante ans de vécu. Entre identité forte et altérité obligée dans une ville multiculturelle, qui sont-ils ? Les témoins parlent depuis le territoire de l’ex-puissance coloniale, abordent ce qui reste dans leur esprit de leur passé durant la guerre d’indépendance et les années d’après.

Avec quelques temps forts, comme l’existence dévalorisée dans les bidonvilles marseillais ou encore la montée du racisme exacerbé à la fin des années 70 et durant les années 80. Des jeunes Algériens pris dans l’étau d’une expectative compliquée.

D’une part, ils ont leur origine algérienne à faire vivre mais ils s’en sentent éloignés puisqu’ n vacances au bled, leur particularisme d’émigrés leur colle à la peau. En France, dont ils ont fait leur pays, ils se sentent rejetés alors que le Front national devient menaçant dans la cité phocéenne.

Le film montre la violence anti-immigrée, suite au fait divers d’un conducteur de bus tué par un «arabe». Le pire est que cette xénophobie est soutenue par le quotidien Le Méridional (en perte de vitesse, il disparaîtra quelques années plus tard pour fusionner avec Le provençal sous le titre encore actuel de La Provence, au contenu plus consensuel).

Une fête de l’Aïd dans une ambiance métissée

Le documentaire rappelle aussi la bombe placée au consulat général d’Algérie à Marseille qui fait des morts, avec l’indignation des Algériens qui manifesteront en masse.

Qui sont donc ces Algériens ? Une radio associative, radio Galère, leur ouvre les micros. Et organise même une fête de l’aïd, dans une ambiance métissée aujourd’hui révolue avec des dizaines de convives hommes, femmes et enfants de toutes origines qui dansent dans la plus grande joie et sans tabou.

Puis les années passent. C’est dans un studio aménagé en salon que le fondateur de Galère, Jacques Soncin, fait parler les témoins, des décennies après. Une personne n’est pas là, Fatima, mère de famille exemplaire qui s’exprime avec ses jeunes enfants. Elle est décédée en 1990.

Des récits avec son cortège de nouvelles désillusions, surtout lorsqu’après les émeutes de 1988, ce sont les islamistes (déjà présents en octobre 1988 lors de l’appel à manifester qui conduit au massacre devant la DGSN).

Ensuite dans les années noires, l’évolution algérienne vers une plus grande religiosité, que l’on ne peut que constater en Algérie dans les années 2000, touche aussi les Algériens de France qui y trouvent une identité et un point d’appui, avec une nouvelle forme de rejet.

Le film sera programmé à Marseille prochainement, à L’Après M (le restaurant Mac Do qui a été repris après une grève par les habitants du quartier St Barthelemy).

Photo : Le Marseille des Algériens vu par Viviane Candas (ici le cours Belsunce)

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Commentaires récents

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    ALIGNEURS...

    Albè

    22/10/2026 - 20:10

    Man pa kwè ni anlo moun ka li FONDAS KREYOL. Arété rakonté KOUYONNAD ! Lire la suite

  • L'incendiaire "présumé" de la mairie de Limoges n'est ni un Mohamed ni un Mamadou

    "................"

    yeg

    22/10/2026 - 15:56

    Pourquoi le mot "présumé" du titre est-il entre guillemets ? Lire la suite

  • Ki koté lo moun-tala pasé ?

    ..."led adan konpowtasion-nou" ?

    Daniel

    22/10/2026 - 14:35

    Pétet pas yo vini malen, afòs li Fondas Kreyol lanne passe.
    Lire la suite

  • Bracages à Fort-de-France : "...s'exprimant en créole saint-lucien"

    C'EST TOI LE PREMIER DELINQUANT !

    Albè

    21/10/2026 - 11:10

    Tu mériterais qu'on t'arrache ta gueule d'Oncle Tom et de négro aliéné. Lire la suite

  • Bracages à Fort-de-France : "...s'exprimant en créole saint-lucien"

    Et si on avait dit "des braqueurs ste-luciens" ,votre réaction ?

    yeg

    21/10/2026 - 11:02

    Exactement le même phénomène que je décrivais il ya qq commentaires de celà: par peur dêtre trait Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    ET DONC...

    Albè

    21/10/2026 - 07:42

    ...ce général noir saoudien a fait COMMENT pour naitre puisque ses parents étaient tous castrés ? Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    LES PETITS-ENFANTS DE BILAL-LE-CASTRÉ

    yeg

    20/10/2026 - 21:27

    Bilal ,le premier muezzin de l'histoire était un Nègre ESCLAVE ,notons-le ,au 7ème siècle donc pr Lire la suite

  • Le chef du renseignement d'Arabie saoudite sur la sellette

    DIGNE DESCENDANT DE...

    Albè

    19/10/2026 - 19:38

    ...Bilal ?

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    Heu...Au collège, on m'avait appris "Carthago delenda est" lors de cours d'histoire chiants au po Lire la suite

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    yeg; pourquoi ce larbinisme?

    @Lidé

    17/10/2026 - 07:39

    votre larbinisme vous empêche de comprendre que: judaïsme, christianisme et islam c'est la même m Lire la suite